Editorial : Mission accomplie

Moïse DOSSOUMOU 3 juillet 2019

L’affaire est dans le sac. Les Ecureuils passent le premier tour d’une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can). L’événement plutôt inédit procure joie et fierté à tous les Béninois, notamment après le nul face à la Guinée Bissau et qui a été considéré à bien d’égards comme une défaite. A contrario, les deux résultats nuls contre le Ghana et le Cameroun ont tout l’air d’une victoire. Selon les états de service de l’adversaire en face, le score, même s’il est à égalité, n’est pas perçu de la même manière aussi bien par les joueurs eux-mêmes que par l’encadrement technique. La preuve, au terme de la rencontre avec la Guinée Bissau, les joueurs et le staff technique présentaient tous une mine de deuil et de désolation. C’est plutôt à un visage radieux qu’on a eu droit hier tout comme à la fin du premier match de poule.
Cette fois, les Ecureuils ne feront pas leurs valises comme à l’accoutumée. Eux qui avaient l’habitude de se transformer en distributeurs automatiques de points gratuits à leurs adversaires, changent la donne et s’affirment. Même si pour l’instant, ils sont toujours à la quête de leur première victoire à la Can, on peut néanmoins se satisfaire qu’à Ismaïlia, les cages gardées par Fabien Farnolle et Saturnin Allagbé, n’ont pas été abondamment violées. Pourtant, le Bénin a rencontré de grandes équipes sur son chemin. A aucun moment, il n’a courbé l’échine. Les débâcles antérieures ne sont plus que de mauvais souvenirs. On peut espérer que désormais, le onze national aura son mot à dire dans les grands derby continentaux. C’est plutôt flatteur de voir une équipe naguère au bas de l’échelle remonter lentement mais sûrement la pente. Le moins qu’on puisse dire est que sans être flamboyant, le Bénin se révèle quand même.
Les scores qui sanctionnent ces trois rencontres de poule âprement disputées annoncent le renouveau. Mais l’euphorie d’une qualification en huitièmes de finale ne doit pas faire perdre de vue les réglages à effectuer dans le jeu béninois. Certes, le résultat est bon. Très peu de gens y croyaient. Mais il faut travailler à corriger les imperfections en attendant d’avoir des joueurs véritablement en jambes aussi bien en attaque qu’en défense. Le Madagascar qui est à sa première participation à cette rencontre sportive de haut niveau s’est imposé dans son groupe en arrachant le titre de leader. Mais le Bénin qui est à sa quatrième participation se contentera de la place de meilleur troisième. Mieux, le Madagascar a administré une correction magistrale à un géant du football africain, le Nigéria en l’occurrence avec un score sans appel de 2 buts à 0. Jusqu’ici, le Bénin devra se contenter de ses matchs nuls.
C’est une leçon d’audace et d’ambition pour les nôtres. A partir de ce moment, dès le second tour, la compétition change de dimension. Les confrontations seront plus viriles, plus offensives. Que réservent les Ecureuils aux Lions de l’Atlas ? Même s’ils n’ont pas fait mouche, s’ils n’ont pas tremblé devant les Black stars et les Lions indomptables, ils sont contraints à bien se comporter face aux Marocains qui ne leur feront aucun cadeau. Contrairement aux autres rencontres ou le onze national s’est exprimé devant ses supporters dans un stade presque vide, cette fois, ils feront face à une marée humaine dans les tribunes. Le Maroc qui est à un jet de pierre de l’Egypte fera défiler ses citoyens par centaines. Les Ecureuils supporteront-ils cette pression supplémentaire ? Il faut croire que oui, car à partir de cette étape, toutes les équipes se valent et prétendent légitimement au trophée. Mais pour y arriver, il n’existe qu’une seule recette : tout donner en mouillant le maillot.



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