Editorial : New deal avec New Delhi !

Angelo DOSSOUMOU 30 juillet 2019

Tout est bien qui finit bien. 72H pour une visite historique, de rencontres au sommet, de liens solidement ficelés et la distance qui sépare Cotonou de New Delhi s’est subitement réduite. Comprenez que la dynamisation de la coopération entre le Bénin et l’Inde fait déjà des merveilles au point où même les détracteurs du régime ne cachent pas qu’il faut qu’elle survive à la Rupture. Pour une fois, tant mieux que l’unanimité se dégage à propos de l’importance de composer avec un partenaire qui a su emprunter la voie de l’émergence. Maintenant, puisque c’est ce qui intéresse, de la valise du président Ram Nath Kovind, la diplomatie béninoise a su tirer l’essentiel.
En premier lieu, il y a l’ouverture d’une ligne de crédit de 100 millions de Dollar Us soit 50 milliards de FCFA qui incontestablement sera d’une grande utilité pour l’appui aux Projets prioritaires nationaux. Ensuite, entre l’Inde et le Bénin, un accent a été mis sur le brassage culturel, la formation des ressources humaines et les facilités pour des échanges commerciaux. Ainsi, les détenteurs de passeports diplomatiques, officiels, de service n’auront plus besoin de visa pour leur déplacement vers le pays de Ram Nath Kovind. Il a été également convenu des assistances de l’hôte du Bénin dans les secteurs de l’énergie renouvelable, de la santé, de la défense du territoire national et des techniques de l’information et de la communication. En somme, le sixième pays le plus riche au monde en matière de PIB a fait le déplacement de Cotonou les bras chargés pour confirmer que, pour l’instant, le Bénin reste et demeure l’un de ses partenaires privilégiés.
Toutefois, étant donné, qu’après son séjour en terre béninoise, le président indien fera des escales dans d’autres pays de l’Afrique de l’ouest notamment en Guinée et en Gambie, il est clair qu’à l’horizon, il y aura entre tous ces pays privilégiés, une compétition de proximité qui ne dit pas son nom. Alors, raison de plus, pour continuellement garder notre place auprès de l’Inde, pour ne pas tomber dans les travers de la mauvaise gouvernance des opportunités mises à notre portée. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si le président Talon a promis à son hôte, une bonne gestion des acquis de sa visite au Bénin.
Par conséquent, il ne suffit pas de le dire. Il faudra surtout être très regardant sur l’utilisation de cette ligne de crédit annoncée qui, sans doute, fait déjà saliver. Car, je suis convaincu que sur la balance d’un raffermissement de la coopération benino-indienne, il y a la bonne utilisation des fonds alloués et notre capacité à rembourser dans les limites imparties. Et quand on sait que la règle pour bénéficier de la meilleure place parmi les appelés est d’être en symbiose avec les principes du donateur alors, il y a de quoi mettre tout en œuvre pour préserver l’attachement de l’Inde. Et donc, prochain défi après avoir réussi l’exploit d’attirer au Bénin Ram Nath Kovind, c’est celui, par une bonne gouvernance, de le rassurer davantage sur son choix et, en notre faveur, de l’emmener à viser plus haut et plus loin.
En dernier lieu, il est impérieux de décerner un satisfecit à la diplomatie béninoise qui non seulement se dévoile mais prouve qu’à la quantité, elle sait aussi préférer la qualité. Ce qui est sûr quand on voit la place prépondérante qu’occupent de plus en plus les dragons de l’Asie dans le développement du Bénin, il y a de quoi leur dresser constamment le tapis rouge. Alors, pour des partenariats et des accords profitables au peuple, à nous de savoir où se trouvent nos vrais amis et nos intérêts.





Dans la même rubrique