Editorial : Ouf pour le parc auto !

Angelo DOSSOUMOU 16 juillet 2019

Une interdiction d’utilisation de véhicules administratifs à des fins personnelles, une décision qui a pris effet vendredi dernier et l’impression du déjà vu et du déjà entendu. A priori, s’il n’y a pas anguilles sous roche, à ce moment précis, la Direction générale du matériel et de la logistique du ministère de l’Economie et des finances ne se serait pas gênée pour taper du poing sur la table et remettre sur tapis un vieux débat. Mais voilà, la récurrence d’un abus et les charges constamment occasionnées à l’Etat ont fini par convaincre l’autorité de sortir d’une nuisible tolérance. Car, depuis des lustres, nul n’ignore combien le parc automobile souffre des exploitations hautement privées. Et pour tout dire, il y a une fin à tout et désormais, les fonctionnaires devraient savoir et comprendre que l’utilisation des véhicules administratifs pour des manifestations personnelles est proscrite.
A voir de près, en termes de carburation et de la santé des moteurs, c’est une mesure qui soulage le trésor public. Evidemment, avant la note de service en date du jeudi 11 juillet 2019, le premier réflexe des agents de l’Etat en cas de besoin de moyens roulants pour des situations privées, c’est de profiter des possibilités qu’offre le parc automobile. Au fil des années, c’est même devenu une tradition. D’ailleurs, j’imagine que contre cette mesure, ils sont nombreux qui ruminent dans leur for intérieur qu’en principe, celui qui travaille à l’hôtel vit de l’hôtel et qu’il ne devrait pas avoir de règle sans exception. Mais, la réalité est là et justement pour plus d’éthique au Bénin, le bien public notamment le matériel roulant devrait constamment s’appeler : « rien que pour le service ». C’est l’idéal. Sauf que c’est plus facile à dire qu’à faire.
De ce fait, si personne ne conteste la pertinence de la décision du Ministère des finances, par contre, les sceptiques quant à son effectivité sur le long terme se compteront par millier. La preuve, ce n’est pas la première fois que des mesures restrictives du genre ont été prises. Mieux, beaucoup se rappellent ces contrôles inopinés et ces arrêts de véhicules administratifs exécutés les week-ends. Pourtant, il est toujours question de la nécessité au garage central de monter au créneau et d’exiger que s’arrête enfin, le massacre du parc auto.
Seulement, et c’est évident, tant que la règle ne serait valable que pour les fonctionnaires de seconde zone, je parie qu’elle ne fera pas long feu. Alors, pour que l’application soit stricte, le bon exemple doit venir d’en haut. Autrement, on prendra les mêmes et on recommencera. C’est pourquoi, il y a lieu de ne pas s’émouvoir et d’apprécier avec le temps. Ce faisant, cette situation m’amène à repenser à l’encrage d’une option leasing où le véhicule administratif est au finish rétrocédé à son utilisateur. De toute façon, de deux choses, l’une. Mais avant, il y a une mesure en vigueur à respecter et je ne garantis rien à ceux des contrevenants qui se feront épingler.
En définitive et l’expérience peut en témoigner, le tout ne suffira point de prendre une décision mais aussi et surtout de veiller à son application. Sinon dès qu’il y aura un petit relâchement, que personne ne s’étonne que les agents de l’Etat en profitent pour mettre sous l’éteignoir, une mesure qui ne devrait pas leur faire plaisir. Ce qui est sûr, le malheur des uns fait le bonheur des autres et mon petit doigt me dit, qu’au-delà du contribuable, ce sont les transporteurs qui se frottent les mains. Pourvu qu’il en soit ainsi pour longtemps.





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