Editorial : Parrainages : plus de mystère !

Angelo DOSSOUMOU 19 novembre 2019

Tout le monde est fixé. La note est salée et ce serait compliqué pour les poids plumes de relever le défi des parrainages pour la présidentielle de 2021. Sur la route qui mène à la Marina, comme une montagne à gravir, le nouveau code électoral se positionne et dans l’une des dispositions de l’article 41, invite les candidats à la magistrature suprême à recueillir les parrainages des élus concernés. Depuis quelques jours, on en sait davantage sur leur nombre et leur qualité. Plus explicite à cet effet, l’article 132 du Code électorale indique que nul ne peut être candidat s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires.
Tout calcul fait, nos prétendants à la Marina auront désormais besoin de la signature de 16 élus. Mais, ils devront forcément être soit des députés soit des maires soit encore les deux réunis. A première vue, en attendant la prochaine législature qui comptera 109 élus, cela paraît simple. D’ailleurs, à la recherche des 16 parrainages, il y a quand même 83 potentiels signataires au Palais des gouverneurs. De plus, ils sont 77 maires à convaincre pour obtenir l’aval de figurer dans le starting-block de la présidentielle. Mais, quand on sait que ces élus ne peuvent parrainer qu’un seul candidat et que dans le contexte politique actuel, il est fort possible que les 83 députés ne parrainent qu’un seul voire au plus deux candidats de la mouvance, il est clair que les prochaines élections communales seront très stratégiques dans la perspective d’une quelconque alternance au pouvoir en 2021.
C’est pourquoi, tenant compte du fait que seuls les partis légalement reconnus peuvent prendre part aux élections au Bénin et que pour obtenir un siège, il faut au préalable recueillir 10% des suffrages exprimés, on peut dire que le parcours pour les parrainages est vraiment parsemé d’embûches. L’autre réalité est que les nouvelles lois électorales exigent aux partis politiques de présenter des candidats sur l’ensemble du territoire national à savoir dans les 77 communes du Bénin.
C’est dire que ceux de ces partis qui ne siègent pas actuellement à l’Assemblée nationale notamment les Fcbe, le Prd, l’Udbn, Moele-Bénin doivent véritablement jouer leur va-tout si tant est qu’ils ont des ambitions de présenter un candidat afin d’avoir la possibilité de gérer le pouvoir d’Etat. Mais avant, pour ces partis, les obstacles à franchir, c’est de disposer des candidats valables dans toutes les communes en vue de passer la fameuse barre des 10%, d’obtenir le maximum de conseillers et enfin ce minimum de 16 maires. Alors, pour une fois, la bataille des communales serait tout, sauf une partie de plaisir.
En définitive, sur la voie de l’enracinement de la démocratie, le Bénin est à la croisée des chemins. Avec cette réforme du système partisan et toutes ces restrictions qui visent à favoriser l’émergence des leaders issus des partis politiques, il y a de quoi fait perdre le sommeil à des prétentions. Ce qui est certain, dans ces conditions, pour 2021, n’aura pas les 16 parrainages exigés pour briguer la magistrature suprême qui veut mais qui peut. De ce fait, que les friands des annonces se jettent à l’eau. Mais qu’ils n’oublient surtout pas qu’elle est vraiment très chaude.





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