Editorial : Pas d’intouchable !

Angelo DOSSOUMOU 21 février 2019

Il a dégainé et il sait dégainer. Au mot corruption et pour tout ce qui est louche, sans distinction, son sabre frappe là où ça fait très mal. Talon, guerrier contre l’impunité vient de récidiver. A deux de ses proches, englués dans une affaire de bradage de domaine public, sans état d’âme, il vient de couper les têtes. A salir la Rupture, ils ont eu ce qu’ils méritent. Je n’ai pas à m’en plaindre. Bien au contraire. D’ailleurs, il n’y a que ceux des autorités qui en doutaient et qui pensaient pouvoir tranquillement déjeuner avec le diable sans en répondre qui peuvent être surpris et se retrouver devant la Criet ou la Haute cour de justice.
Je vous aurais prévenu ! Le président Patrice Talon, et lui-même l’a confessé à Paris, est un repenti déchaîné contre la cleptomanie de nos cadres pourtant bien payés mais qui facilement, confondent le bien public à leur patrimoine. Apparemment, dans les têtes des laudateurs qui tombent, ils ont pris l’exemple Dayori comme une plaisanterie. Tellement, la gloutonnerie les a aveuglés qu’ils ont vite oublié que le chantre du Nouveau départ n’a d’ami que la compétence et l’intégrité. Des sympathies politiques, contre vents et marées, il n’a que faire. Mais, sans doute, comme ses éternels détracteurs, ils ont pensé que les sorcières à chasser pour ‘‘Révéler le Bénin’’ ne sont que les autres. Erreur, Talon, l’impitoyable guillotineur des vermines de la République dort comme un crocodile. Et tant pis pour ceux qui, sous son règne, se hasardent ou se hasarderont dans la très boueuse marre de la corruption.
C’est pourquoi, depuis hier, exit Dassigli, Toboula et consorts avec en prime des poursuites à l’encontre des greffiers en chef à Ouidah et Abomey. Avant, le ‘‘Rupturien’’ en chef a, pêle-mêle, nettoyé l’écurie d’Augias des privilégiés, jouisseurs insatiables. Néanmoins, personnellement, ce que je lui reproche, c’est cette miséricorde qui offre une seconde chance à des pestiférés. Je n’en dirai pas plus. Car, l’apparence est parfois trompeuse et dans la vie, on ne finit jamais d’apprendre.
Sur ce, suite à la rupture unilatérale de la confiance accordée par le chef de l’Etat à ses deux solides soutiens nouvellement épinglés, il a désormais la latitude de l’intransigeance exagérée. D’ailleurs, nul n’est méchant volontairement. De plus, que voulait le peuple de ces pilleurs, sans foi ni loi et toujours tapis dans les cercles du pouvoir d’Etat ? Tout simplement qu’ils soient surveillés comme du lait sur le feu. Sinon, on aura compris qu’en dépit des signaux forts, il s’en trouve, à l’instar des chats, qui ne peuvent jamais s’empêcher de s’agiter face au poisson.
Voyez donc, M. le président, à quel point la tâche de salubrité en matière de gouvernance au Bénin est rude mais, pour en découdre, vous êtes l’homme de la situation et le peuple compte beaucoup sur vous. Enfin, par rapport à une détermination jusqu’ici renouvelée à faire rendre gorge, au lieu de toujours chercher la petite bête là où elle n’existe pas, concentrons-nous sur l’essentiel. A mon avis, tant qu’il n’y aura plus de place aux corrompus et aux corrupteurs, quel que soit leur bord politique, la République se porterait mieux. Et ce défi, à chaque fois, unissons-nous pour le lancer à Talon.



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