Editorial : Place au concret !

Angelo DOSSOUMOU 20 septembre 2018

Buffles-Aspac. L’affiche est belle. Le spectacle, j’en doute. Mais, le samedi 29 septembre prochain au stade municipal de Parakou, elle marquera le point de départ d’un Renouveau. Celui du football. Et plus particulièrement, celui de l’organisation de nos championnats d’élite notamment la Ligue 1 et la Ligue 2. En prélude à une saison footballistique très attendue, les responsables de clubs auront une concertation ce samedi pour préparer les hostilités. Déjà, ça discutera sur le règlement du championnat, objet, par le passé, de nombreux litiges. Ensuite, et sans doute, une figure se dégagera pour conduire la Ligue.
Passées ces étapes capitales, place au beau jeu, et surtout qu’il s’accommode d’un brin d’enjeu. Nostalgique de championnats qui ont fait soulever des foules, entretenu des rivalités et qui ont été même diffusés sur la chaîne nationale, on est en droit d’espérer avec le nouveau bureau exécutif de la Fbf, revivre ces intenses moments de passion. Et qu’enfin, les championnats européens de football soient pour les nouveaux dirigeants et les amateurs du cuir rond, des références et non des préférences. Sinon, penser que les résultats de l’équipe nationale sont le thermomètre de la bonne santé du football au Bénin, c’est se mettre le doigt dans l’œil. La preuve, il y a longtemps, depuis un certain Dragon-Gor Mahia du Kenya, qu’aux compétitions continentales, il n’y a presque plus rien à retenir de la prestation des clubs d’ici.
Justement, le défi des dirigeants par rapport au championnat qui, bientôt, démarre, c’est déjà son niveau à l’échelle sous régionale. Attractif, il le sera à la seule condition que le sérieux permette l’émulation. Cependant, la meilleure manière d’aider le football à décoller, c’est de revoir le cadre législatif du sponsoring. Avec les appuis financiers envisageables, la régularité du championnat sera assurée, les joueurs n’auront pas trop à se plaindre du minimum et la constance technique sera de mise.
Autre chose, avec les mielleuses promesses de campagne du président de Chacus, ce serait un drame que les sifflets béninois s’assimilent toujours à des amateurs et à des manipulés. Evidemment, la pratique du haut niveau se joue sur de petits détails. Alors, si ce serait, pour le moment, trop demander à tous les clubs d’avoir des pelouses de qualité, il y a tout de même moyen que les joueurs ne chaussent plus des godasses rafistolées. Et si par extraordinaire au cours de ce premier championnat de l’ère de Chacus, ils sont régulièrement payés et assurés, ce serait un très bon début dans l’atteinte de l’objectif « Réveil du football au Bénin ».
Mais avant, il faut forcément aider les clubs à se constituer en des entreprises viables et à faire face aux exigences financières. Sans ça, je crains que les vieux démons ne reviennent au galop et ne reprennent le dessus. Dans tous les cas, une mission, des moyens. Et tant qu’il n’y aura pas du concret, les sponsors et le public sportif ne se manifesteront pas. En définitive, avec l’avènement d’une nouvelle équipe à la Fbf, les attentes autour du football sont grandes. Tellement elles le sont qu’en principe, les nouveaux dirigeants doivent se dire enfin, autant périr que d’échouer. Autrement, on n’aura pas bougé d’un iota, et ce serait dommage !



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