Editorial : Prévention sur les eaux !

Angelo DOSSOUMOU 11 décembre 2019

Plus d’un mois de questionnements puis, à la surprise générale, la bonne nouvelle de la libération des 9 marins du navire Bonita capturés par des pirates aux larges des eaux béninoises. Tout ce qu’on retient de cette histoire d’après la version de la compagnie norvégienne qui a affrété le navire, c’est que les otages récupérés des mains de leurs ravisseurs sont bien arrivés aux Philippines, leur pays d’origine après avoir transité par le sud du Nigeria. Pas sûr qu’à l’étape actuelle, on en sache plus sur les implications qui ont conduit à cet heureux dénouement. On retient cependant que cette criminalité, au nez et à la barbe de la marine béninoise, a fait de la mauvaise publicité à notre pays.
D’aucuns peuvent se consoler que ce malheur peut arriver à n’importe quel pays et que la charge des négociations pour la récupération des otages revient généralement à l’armateur. D’ailleurs, le Togo, au cours de la même période, a essuyé les mêmes revers. A l’arrivée, la plaie de l’insécurité sur nos eaux territoriales était béante et pour éviter qu’à l’avenir notre marine essuie cette humiliation, la problématique de l’anticipation s’est imposée aux décideurs. Justement, sans être dans le secret des dieux, je parie que la paternité de cette libération des 9 otages philippins revient à l’affréteur du navire Bonita. Evidemment, pour qu’il n’en soit pas ainsi, il fallait parer à toute éventualité. Forcément, cela suppose des dispositions et des moyens en amont. Sinon après coup, il ne sera question que d’une impuissance à peser de tout son poids pour faire entendre raison aux pirates. Et donc, la solution est toute trouvée : misons sur la prévention.
Tout d’abord, et c’est désormais une priorité pour la sécurité à nos frontières maritimes, la mésaventure du mois dernier sur nos eaux territoriales appelle à la résolution de deux grandes équations. La première a trait à une coopération sous régionale plus dynamique pour contrer les pirates. Ç’aurait été le cas que l’erreur de la marine béninoise aurait été facilement rattrapée par celle d’un pays voisin. Mais hélas ! La deuxième équation à résoudre est celle de la disponibilité des équipements modernes. Etant donné que la traque des pirates exige des patrouilles régulières et une panoplie de moyens techniques notamment des radars, ne pas en disposer, revient à ne pouvoir exiger que le strict minimum de nos forces navales.
Par conséquent, à l’impossible nul n’est tenu. De toute manière, le gouvernement a pris la mesure de la situation et, pour ce qui est de son ressort, il ne devrait pas fuir ses responsabilités. Par ailleurs, c’est l’union qui fait la force. Et donc, le Bénin et ses voisins, tout aussi vulnérables face aux actions et prétentions des pirates devraient se serrer les coudes. Autrement, il se trouvera toujours des failles qu’ils exploiteront pour atteindre leurs objectifs. Et quand les armateurs ont des doutes sur la sécurité au niveau de la façade maritime d’un pays, c’est des points en moins. Alors, une fois encore, il urge que notre pays se donne les moyens d’une prévention maximale sur ses côtes.
Au finish, la libération des 9 otages du navire Bonita ne doit pas occulter le défi de la prévention. L’intérêt de crédibiliser nos eaux territoriales est manifeste. Encore que ‘‘qui remet à demain trouvera malheur en chemin’’. En un mot, passons aux choses sérieuses et misons gros contre la piraterie.





Dans la même rubrique