Editorial : Publicités sous surveillance !

Angelo DOSSOUMOU 26 juillet 2018

Par décret N°2018-261 du 27 juin 2018, les établissements privés d’enseignement supérieur sont interdites de publicités mensongères sur leurs formations. Ce ne sont pas les parents qui, souvent, mordent à l’appât desdites publicités qui vont s’en plaindre….
Au plus haut niveau, la décision est prise. Les universités privées non agrées sont formellement et officiellement défendues de publicités mensongères. Généralement, à quelques jours des prochaines rentrées, les parents d’étudiants sont assaillis par toute sorte de propositions. Entre les plus indécentes et les plus objectives, facilement, ceux qui n’ont pas la vraie information se laissent séduire pas le mauvais choix. De ce fait, sur le marché de l’offre, les universités pirates résistent et jouent un très vilain jeu aux universités agrées.
Déjà, une absence dans le répertoire des universités privées autorisées par l’Etat signifie, en premier lieu, que le cadre de formation n’est pas adéquat. Ensuite, qu’il y a assez de réserves sur la qualification requise des enseignants et bien évidemment sur la liste des filières universitaires proposées. Comme on peut le voir, avec ces déficits criants aux conditions minima de formation, il faut carrément s’attendre à une insécurité des apprenants et à leur abêtissement. C’est donc en connaissance de cause que le chef de l’Etat a jugé bon de prendre un décret pour mettre fin à la pagaille.
Il faut en finir avec la pagaille… mais, est-ce vraiment possible juste avec ce fameux décret ?
Alors, désormais, les universités agrées seront affichées 90 jours avant la reprise des cours. Et, sous surveillance, avec la menace d’une amende de 1 à 5 millions, sont les diffusions, les émissions et les affichages des messages publicitaires non conformes aux autorisations. Maintenant, libres à ceux qui aiment ramer à contre-courant et se prendre pour ce qu’ils ne sont pas, de braver le décret de clarification.
Entre-temps, il leur a été donné la chance de prouver leur bonne foi en se conformant aux règles régissant l’homologation d’une université privée. S’ils ne l’ont pas saisi et ont continué de jouer les prolongations dans l’anarchie, c’est qu’ils auront librement choisi de se mettre tout seuls hors-jeu. D’ailleurs, si besoin a été, à ce moment précis, de prendre un décret, c’est pour mettre un accent spécial sur l’urgence de nettoyer l’écurie d’Augias. En tout cas, la loi, c’est la loi. Le gouvernement a pris ses responsabilités. Et, il est à espérer qu’avec ce décret très dissuasif, les mesures idoines contre les promoteurs indisciplinés et leur université ne tarderont pas à suive.
Avec la Rupture, il ne faut pas en douter surtout que sur la voie de l’émergence, l’éducation est un secteur clé. Facilement, on peut donc comprendre qu’une certaine rigueur
Car ici, il est question de l’éducation, un secteur sensible et qui joue un rôle crucial dans le développement d’une Nation. Pour y arriver, il est impérieux de s’appuyer sur une élite bien formée. Et, pour qu’il ne soit plus dit que le Bénin est un désert de compétence, il faut de la main d’œuvre qualifiée pour semer la bonne graine. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que Platon assurait : « homme qui néglige l’éducation, traverse la vie d’un pas chancelant ».
En définitive, laisser régner l’à-peu-près, c’est confier son destin à la déesse de l’échec. Celle-là, des générations de cancres, elle en raffole. Tout comme, elle a du plaisir à pousser dans le gouffre, un pays où les cadres sont des tarés et détestent tout ce qui s’apparente au patriotisme et au sacrifice des uns pour les autres. Malheureusement, pour lui échapper, il faut des esprits éclairés et avertis. Et j’imagine que ça ne peut être avec des menteurs agressifs sur la place publique. Surtout pas !





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