Editorial : Révision pour solutions !

Angelo DOSSOUMOU 26 juin 2018

A l’hémicycle, elle va et elle revient. Depuis une dizaine d’années, la Constitution du 11 Décembre 1990 résiste à sa révision. Malgré le temps qui passe et les amendements pour la parfaire qui s’imposent, impossible de toucher à une seule virgule sans déclencher l’hystérie des politicards et autres partisans de l’immobilisme. Bizarrement, quand on aborde le sujet, ça devient automatiquement politique. Et quand il en est ainsi, l’essentiel n’est plus, à travers les textes et sa loi fondamentale, de faire entrer le Bénin dans la modernité. Alors, au-delà de la légitime suspicion, à y voir de près, il y a carrément comme un refus d’aller de l’avant.
Pourtant, la vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Cela signifie que pour être en phase avec les réalités socioéconomiques du moment et lui permettre qu’elle serve véritablement le développement, il faut bonifier la loi fondamentale. Jusqu’ici, les projets dans ce sens, envoyés à l’Assemblée nationale ont, pour une raison ou une autre, essuyé des revers. De Boni Yayi à Patrice Talon, c’est surtout la politicaillerie qui a plutôt damé le pion à la raison. Et Dieu seul sait que le bons sens nous recommande, même si c’est avec des mains tremblantes et après un large consensus, d’y toucher dans l’intérêt supérieur de la Nation.
A mon avis, ne pas amender la Constitution du 11 Décembre 1990, n’est que pur égoïsme. C’est donc à juste titre que, pour la Cour des comptes et les armes pour contrer la mauvaise gouvernance, la Société civile réclame sa mise à jour. Et puisque à chacun ses motivations, il s’annonce, pour le mois de juillet, que les députés saisiront la balle au bond pour une ponctuelle actualisation en vue des élections générales pour 2026. Aussi, feront-ils d’une pierre deux coups, et enfin, dans la Constitution, possibilité sera donnée pour une discrimination positive en faveur des femmes.
En définitive, pour corriger le tir et atteindre des objectifs précis, la représentation nationale prend sur elle, l’initiative de la Révision. Pour le moment, elle laisse échapper des bribes d’informations. Mais, tout compte fait, en juillet, la proposition aura un visage et des géniteurs pour défendre les moindres quiproquos qui en découleront. Il n’empêche que déjà, sans même attendre d’en prendre connaissance, les méninges se remuent frénétiquement pour des arguments destructeurs.
Au Bénin, ce n’est plus une surprise. Bien au contraire. Et mobiles juridique, politique, sociologique et économique très défendables ou pas, que les députés porteurs de la Révision de Juillet s’attendent, autant que les différents présidents porteurs de projets, à se voir pointer du doigt. Peu importe que ça soit par des mystificateurs.
D’où, ils gagneraient d’abord à faire passer leur proposition au décryptage d’acteurs qualifiés. Ensuite, à recueillir autour d’elle, une large adhésion. Sinon, ils courent le risque de s’entendre servir défaut de Consensus. Avec la Cour Robert Dossou, il s’est érigé en un principe à valeur constitutionnelle. En un mot, pour une Révision-Solution aux maux de notre processus démocratique et à l’essor de notre économie, la balle est dans leur camp. A eux de jouer.



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