Editorial : Un plus pour l’état civil !

Angelo DOSSOUMOU 15 octobre 2018

Un Béninois, un acte de naissance ! De l’étape de projet, tout est désormais fin prêt pour que ce rêve devienne réalité. En application de la loi N° 2018-26 du 3 Août 2018 et après adoption du décret définissant les modalités et le fonctionnement du cadre administratif de l’enregistrement à titre dérogatoire, ils sont 2.500.000 sans-papiers béninois qui peuvent se frotter les mains. Inexistants dans le registre de l’état civil depuis leur naissance mais recensés par témoignages à travers le Rena, la Lépi ou le Ravip, ils se feront bientôt gratuitement délivrer le précieux bout de papier qui légalise leur existence.
A l’arrivée, avec cet engagement gouvernemental pour un état civil élargi, il n’y aura presque plus de Béninois sans volet N°1. Et si cette mesure vient a priori soulager les personnes concernées, elle aidera également l’administration à disposer de statistiques fiables et, sans doute, à mieux servir les populations à la base. Car, le rôle de l’état civil dans la construction d’une nation démocratique n’est plus à démontrer. Sinon, quoi qu’on dise, c’est un repère politique puisque essentiel en matière électorale. Aussi, est-il éminemment socioéconomique et stratégiquement impérieux dans la planification du développement. Déjà, cette mesure dont le coût peut être évalué à 5 milliards permet, à titre dérogatoire, à chaque futur bénéficiaire de la précieuse pièce d’épargner au moins 20000F. En somme, un acte social qui, en définitive, s’avère autant profitable à l’Etat qu’aux citoyens concernés.
Grosso modo, la délivrance des actes de naissance à venir facilitera, à coup sûr, la vie aux 2.500.000 Béninois, quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle. D’abord, pour ceux-ci, dès qu’ils disposeront de leur volet N°1, finis les soucis quand sonnera l’heure d’aller aux examens ou viendra l’envie de se faire établir une carte d’identité ou un passeport pour d’éventuels voyages d’affaires.
Par ailleurs, avec ce précieux bout de papier, c’est la garantie qu’ils auront désormais les mêmes chances que ces Béninois nés dans les maternités et enregistrés. Et même, quand ils viendront à mourir, leur disparition sera déclarée et enregistrée. D’où, sur le plan administratif, l’enjeu lié à l’identification civile des personnes est capital. Pour régler les nombreux problèmes juridiques et sociaux, il faut y faire recours. Alors, pour des exclus de longue date de l’état civil, c’est plus qu’une aubaine, et là, je parie qu’ils s’impatientent.
Seulement, après les inscriptions à titre dérogatoire, il est urgent, dans une vision prospective, de trouver des mécanismes pour qu’à l’avenir, des Béninois ne se retrouvent plus sans papiers. A l’image du maire de Parakou qui a exigé aux Imams de sa municipalité d’avoir les actes de naissance des nouveau-nés avant de les baptiser, au niveau national, une solidarité autorités religieuses et politico-administratives aidera certainement à définitivement corriger le tir. Ceci, tout simplement parce qu’il est toujours préférable d’avoir son âge réel que celui fixé sur témoignage. Pour ma part, après l’épisode de nos Ecureuils cadets à Niamey, le mieux à faire, c’est de faciliter aux parents, la délivrance des actes de naissance et surtout de sécuriser le registre. Sans quoi, un problème se résoudra mais d’autres s’inviteront. Et ça, il faut l’éviter !



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