En toute sincérité : La dot à tout prix !

La rédaction 13 mars 2020

La dot ! Que signifie-t-elle aujourd’hui ? Celle dont on pourrait rendre témoignage, tranche d’avec ce qu’on a vu jusque-là. A telle enseigne de bousculer toutes nos certitudes là-dessus. Mais une chose, ici ou là, elle restera la symbolique de l’union entre deux familles. Rien à voir donc avec les tendances actuelles, où, vantardise et ‘’m’as-tu vu’’ ont pris le pas sur l’essentiel.
En fait, tout part de la liste. Pour revenir à la norme communautaire, jeune un couple décida de faire ce qu’il faut. Satisfaire aux exigences familiales afin de paraître aux yeux de tous, comme respectueux des règles, attaché aux valeurs endogènes et tout le reste. Alors, il fut exigé de l’homme biens et présents. Tellement, qu’il eut du mal à s’y faire. C’est à se demander en quoi tout ça était nécessaire.
Pour de vrai, il a fallu dégager une fortune, tellement la liste était longue. En marge, une tante de la jeune dotée de s’étonner, ‘’cette dot-ci est l’une des plus spectaculaires que le village ait connue’’. En fait, là se trouvait tout le sens. La mère de la mariée ayant à cœur d’en mettre plein les yeux à tout le monde, influença tout le reste, pour obliger le prétendant à d’énormes sacrifices, y compris ceux dont il n’avait pas forcément les moyens. Pas sûr qu’il ne soit pas endetté pour paraître aux yeux de la famille, l’homme idéal.
De toute façon, ce fut fait, mais après, il n’est pas sûr que les jeunes aient intégré tout le sens de ces moments. L’homme, trop occupé à se bomber le torse pour avoir été, de ce qu’il a entendu, et de ce qu’il a cru, l’un des rares dans le village à avoir fait autant, et la femme trop fière d’être en ce moment-là, des filles du village, celle qui a reçu une dot de cette envergure. Tout ne se résumait finalement qu’à ça en fait.
Toujours est-il qu’à la cérémonie, la réponse des ancêtres consultés par l’oracle ne fut pas sans clarté. Tout le monde l’a vu, ce « Djogbé », revenu à trois reprises, comme symbole de la bénédiction des anciens, dont l’acceptation devait précéder celle de la jeune mariée et partant, celle de la famille.
Tout s’est passé comme si les anciens n’avaient rien eu contre le fait que le jeune futur marié ait été poussé à bout et obligé de faire une dot au-delà de ses moyens, pour faire plaisir à sa belle-mère notamment.
Après on s’en fout, dès lors qu’il y a eu dot, et que le naïf s’est plié à toutes les exigences. Maintenant, libre à lui de ne voir son épouse que comme le fruit de ses efforts. Qu’a-t-on à y voir nous autres ? Cause et effet… Action et réaction…



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