En toute sincérité : Méchante bru !

Naguib ALAGBE 30 mars 2018

C’est une Lapalissade, entre bru et belle-mère, les rapports sont rarement au beau fixe. Tellement vrai que la simple évocation de la question suffirait à déclencher des confidences. Des plus ordinaires aux plus méchantes, c’est à chacun son histoire. Et il se fait justement que dans bien de cas, celles qui nous sont racontées confinent la belle-mère dans le mauvais rôle, présentant la bru comme une simple victime dont le sort mérite compassion. Ce genre de cliché, d’une femme malaimée et martyrisée malgré tout, présenté comme le synopsis des relations Belle-mère et bru, est loin, à de la réalité dans bien de cas.
Elles ne sont pas toujours, comme elles tendent à le montrer, des enfants de chœur. Bien au contraire. Et dans bien de cas, ce sont elles qui mènent la danse. Prenant soin tout de même, de soigner les apparences. Que par exemple, une bru ait juré de mener la vie dure à sa belle-mère qui s’est montrée, dès les débuts, plutôt une rivale qu’une belle-mère n’est pas chose rare.
Il faudra la mettre hors d’état de nuire, s’était-elle dit, avant que de s’investir, jour après jour, à la tenir le plus loin possible du couple.
Que peut-elle, dans ce cas, à part subir ? Elle que l’imminence du danger a amené à réagir, sans finesse aucune, et au mieux, croyait-elle, dans l’intérêt de son fils, qu’il eut fallu protéger. De là, elle sera présentée comme une mégère, hystérique et quoi encore, jusqu’à se braquer définitivement.
Leur tort, pour la plupart, a été de n’avoir pas su, comme cela arrive le plus souvent, rompre à temps le cordon ombilical. Elle ne tardera pas, dès lors, à apparaitre aux yeux de sa bru comme une menace, à être traitée comme telle. On connait en effet, la puissance du lien qui, dans l’inconscient de chacun, unit mère et fils. Et l’engagement de son enfant dans une nouvelle vie, est une étape toujours teintée d’ambivalence, et cela, même si la belle-mère, à l’opposé des caricatures qui la diabolisent, trouve sa bru objectivement parfaite.
C’est pour toutes celles qui voient leurs fils s’en aller vers une autre, un moment de fragilité. Ça l’est davantage si, en plus de cela, celle qui ainsi, prend sa place, auprès et dans le cœur de son fils, devrait ne s’avérer qu’une tête de mule. Bonjour les dégâts.
Et, il faudra ne pas s’y méprendre là-dessus, elles courent les rues, ce genre de brus, bourreaux des belles-mères, mais belles-mères en sursis.





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