En toute sincérité : Solution testament !

Naguib ALAGBE 20 avril 2018

Une chose de blanc ! Voilà ce que c’est. Et pour bien de gens, il vaut mieux ne pas en parler. D’ailleurs, quelle idée que de s’imaginer mort et enterré ? La mort, cette horreur ! Rien qu’à y penser, suffirait à vous rendre mélancolique. Et pourtant, c’est bien ce dont il s’agit. Disposer, pour quand viendra le moment de s’en aller, pour ne jamais revenir. Derrière, il restera nos biens, mais également ceux qu’on aime et que pour rien au monde, on ne veut voir souffrir. Que ne ferions-nous pas justement, pour qu’ils n’en viennent pas à manquer de tout, quand le sort aura décidé, peut-être trop tôt, de nous arracher à leur affection ? On ne le sait que trop, triste est bien souvent le sort de la veuve et de l’orphelin. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux pour s’en rendre compte. Et tous ces mômes qui tirent le diable par la queue, et que l’on regarde en se disant : « c’est la faute à la mort ». Certes ! Mais, il se peut être la nôtre, ne serait-ce qu’en partie. C’est la faute à nos a priori, nos suspicions et nos mentalités.
C’est craindre par exemple de devenir, pour sa propre progéniture, l’obstacle unique à la réalisation de sa fortune. Les ‘’ jamais je ne mettrai mes biens au nom de mon épouse, ça pourrait lui donner des idées’’, sont d’une inculture à vous faire pâlir de honte. Rien ne vous oblige à le faire savoir.
Et puis, ce n’est pas que contre les autres qu’il faudra protéger votre descendance. Il faut les protéger d’eux-mêmes. Evitez leur, si vous êtes malins, de s’entredéchirer entre eux après vous. Il suffit pour ça, que les garçons en viennent à estimer, comme le voudraient la plupart de nos traditions, que les filles n’auront droit qu’à une portion congrue du fruit de votre labeur. Imaginez maintenant l’ainé, se targuant d’un hypothétique droit d’ainesse pour faire main basse sur tout. Là également, ce sont nos traditions qu’il faut interroger. Nos traditions justement, il n’y a pas de honte à admettre pour une fois, que les solutions qu’elles offrent sont parfois anachroniques. Alors, point de fierté qui vaille, messieurs, faites vos testaments. Et si vous craignez si tant que ça se sache, faites en sorte que ça ne se sache pas. Cela seul peut sceller le sort de votre progéniture. Faites-le et pendant qu’il est encore temps.





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