En vérité : A l’épreuve du Coronavirus

Isac A. YAÏ 17 mars 2020

« Nous sommes en guerre ». Ainsi s’est exclamé Emmanuel Macron dans la soirée d’hier 16 mars 2020, avec toute la gravité requise. Effectivement, au-delà de la France, le monde entier livre un combat des plus éprouvants contre une affection virale. Parti de Wuhan en Chine au mois de décembre dernier, le Coronavirus s’est répandu à une vitesse vertigineuse sur tous les continents. L’Afrique qui se croyait à l’abri d’une telle pandémie, commence à enregistrer ses premiers cas. Plusieurs gouvernements, voyant le danger venir et face à la fragilité de leurs systèmes sanitaires ont pris des mesures drastiques. Le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, pour ne citer que ces pays, ont pris la mesure de la situation. Le Bénin, épargné jusque-là, a officiellement déclaré son premier cas dans la journée d’hier. Il n’en fallait pas plus pour que la panique latente s’installe dans les esprits.
Le citoyen Burkinabé âgé de 49 ans qui a introduit ce virus sur le territoire béninois était en déplacement ces dernières semaines. En quittant son pays le 21 février, il a séjourné 11 jours durant en Belgique avant de revenir sur ses pas le 4 mars. Quelques jours plus tard, soit le 12 mars, il s’est à nouveau déplacé, cette fois-ci vers le Bénin. Foulant aux pieds la règle de l’auto-isolement qui lui a été prescrite à sa descente d’avion, il a vaqué à ses occupations professionnelles le jour même de son arrivée et le lendemain. 48h plus tard, soit le 14 mars, en raison de la persistance de certains malaises, il s’est rendu dans une clinique de la place pour recevoir des soins. Le diagnostic n’ayant pu être établi à ce niveau, il a dû se rendre sur le site d’isolement de Cotonou le 15 mars. C’est à ce niveau que le voile a été levé sur son état de santé.
Les Béninois qui voyaient ce mal faire des ravages au loin ne pouvaient pas imaginer qu’ils seraient exposés comme ils le sont aujourd’hui. A tout point de vue, la situation est grave. Cette pandémie qui fait trembler les grands de ce monde ne fera pas de cadeau aux pays pauvres, même si le climat et la jeunesse de leurs populations sont des atouts naturels avec lesquels il faudra compter. « Hissons-nous collectivement et individuellement à la hauteur du moment », lançait Emmanuel Macron à ses compatriotes. Cette exhortation vaut également pour le Bénin, qui en dépit des moyens préventifs mis en place, n’a pas réussi à se prémunir contre ce mal qui fait des ravages sur son passage. Que faire à présent si ce n’est respecter scrupuleusement les règles d’hygiène et de sécurité édictées par les pouvoirs publics ? Si la Chine d’où est partie cette pandémie en arrive à la maîtriser, c’est d’abord parce que les habitants du pays ont fait montre d’une discipline exemplaire.
Il est venu le moment pour les Béninois de respecter eux aussi les mots d’ordre qui seront incessamment lancés à cet effet. Le Conseil des ministres qui se réunit en session extraordinaire ce jour ne manquera pas de corser les mesures déjà existantes. Peut-être que les activités académiques et les manifestations publiques seront également suspendues comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Afrique. Le plus important est de ne pas céder à la panique. Certes, l’heure est grave, mais il faut réussir à garder toute sa lucidité et ne pas céder à la panique. Les contraintes voire le confinement qui pourraient être imposés participeront du salut du plus grand nombre. Benjamin Hounkpatin, ministre de la santé, avait martelé il y a quelques semaines, que le Bénin, en dépit de la fragilité de son système sanitaire, a les capacités de faire face à ce virus. Nous y sommes ! Mais pour qu’il en soit ainsi, chacun devra y mettre du sien.





Dans la même rubrique