En vérité : A vous de jouer jeunes !

Moïse DOSSOUMOU 7 novembre 2018

Un grand boulevard s’ouvre pour les jeunes. Il ne demande qu’à être emprunté avec diligence et intelligence. La réforme du système partisan bat son plein. Qu’ils soient hommes ou femmes, anciens et moins anciens, partisans du chef de l’Etat ou contempteurs du régime de la rupture, à l’unanimité, les acteurs politiques se bousculent pour ne pas rater le coche. La foire politique s’anime ces derniers temps avec une telle effervescence qu’il est difficile de ne pas s’y intéresser. Avec un activisme débordant, les élus du peuple et ceux qui rêvent d’être désignés comme tel au terme des législatives de mars 2019 affûtent leurs armes pour figurer dans le lot des décideurs. La Charte des partis politiques et le Code électoral qui changent complètement la donne appellent des comportements nouveaux. Après avoir donné leur consentement pour cette réforme capitale, les députés de la 7ème législature sont confrontés à l’étape de la pratique.
Dans ce méli-mélo, dans sa majorité, la jeunesse qui a subi de tout temps les desiderata des aînés observe le spectacle. Passive à volonté, elle s’investit très peu dans la nouvelle dynamique. Certes, des jeunes et pas des moindres affichent leurs ambitions et œuvrent inlassablement avec une fougue extraordinaire pour se faire une place de choix en politique. Dans leurs localités respectives, entourés de leurs états-majors, ils multiplient les actions pour se faire valoir et démontrer leur capacité à apporter de la qualité au débat public. A travers des concertations, des meetings, des œuvres sociales, des plaidoyers et bien d’autres initiatives, ils font feu de tout bois pour s’imposer et signaler leur présence aux aînés. Le pouvoir s’arrache en effet. En leur temps, les patriarches d’aujourd’hui ont bataillé avec âpreté pour contraindre leurs aînés à la retraite. C’est la même attitude de conquête de l’affirmation de soi qui est attendue de la jeunesse contemporaine.
La jeunesse est l’âge de l’épanouissement, du dynamisme, de la générosité et des luttes pour des idéaux. Un jeune passif, amorphe, dépourvu d’initiatives et d’ambitions n’en est pas un. Ils sont innombrables ces hommes et femmes qui parvenus au seuil de l’âge adulte et de la maturité se fondent dans le lot et passent à côté de challenges aussi exaltants les uns que les autres. L’indifférence des jeunes à la politique, à la cause publique, à la construction de la Cité, à la vertu est un sujet préoccupant. Hélas, confrontés aux dures réalités de la précarité liée au chômage galopant et au sous-emploi, ils sont innombrables ces bras valides, qui occupés à gérer à qui mieux-mieux les affres qu’impose leur quotidien, restent, malgré eux, indifférents aux défis de leur temps. Ceux qui, en dépit de ce contexte éprouvant, osent descendre dans l’arène méritent d’être encouragés, si tant est qu’ils sont porteurs de vertus et d’idées nouvelles.
Aujourd’hui plus qu’hier, il est possible pour les jeunes de braver les obstacles qui les empêchent d’avoir voix au chapitre. Avec les implications de la réforme du système partisan, les nouveaux partis seront la propriété de tous les militants et non plus la chasse gardée d’un individu qui décide de tout. C’est dire que le débat démocratique à l’interne sera davantage nourri et seuls les plus habiles et les plus intrépides pourront se faire une place au soleil. Cultiver le leadership, se positionner comme une force crédible, émettre des idées de développement, voilà ce qui est attendu des nouvelles têtes attendues en politique. La 8ème législature qui s’annonce sera celle de la transition. A partir de 2023, les jeunes, notamment les plus valeureux doivent être en mesure de prendre le relai. Demain se construit aujourd’hui. La jeunesse a l’occasion de jouer un grand rôle pour son accomplissement au lieu de laisser les patriarches décider à sa place. La clé passe par le militantisme dans les partis politiques.



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