En vérité : Administration : grand corps malade !

Angelo DOSSOUMOU 25 janvier 2018

Ils jubilent, marchent et se pavanent ! Après les dernières décisions de la Cour constitutionnelle, ils bombent le torse et savourent une insolite victoire : celle du droit de grève pour ne pas dire de l’extrémisme syndical. Malheureusement, du développement du Bénin, par l’effort conjugué de tous, ils s’en foutent royalement. Et oui, de l’incommensurable retard économique du pays, ils n’ont que faire.
En un mot, les années passent et le mal nommé administration publique persiste. Grèves perlées, paresse, lourdeur, corruption, clientélisme, incompétence…Tellement de virus, qui la rongent depuis des lustres qu’il y avait urgence d’aller au secours de ce grand corps grabataire.
A son chevet, des gourous comme Boni Yayi sont allés. Malgré les nombreuses thérapies, son état a continué à se dégrader. Et, à présent, elle somnole dans une profonde inconscience. Pourtant, sans elle, pas de services, pas de ressources et pas de développement. En plus, régulièrement, elle est prise de convulsions et est allergique aux antidotes ‘‘Réformes progressistes’’. Inutile de rappeler que sur la route qui mène au développement, l’administration est un maillon essentiel.
On comprend donc, que contre vents et marées, notre grand corps malade doit être soigné. Et s’il traîne une gangrène mortelle à cause des virus, désormais identifiables même à l’œil nu, il faut, sans état d’âme, les attaquer. Le malade aura mal. Mais, tout au moins, il ne mourra pas.
En clair, s’il y a un chantier pour lequel le président Talon doit avoir le cœur à l’ouvrage, c’est celui de la réforme de l’administration publique. Déjà, dans son projet de société, elle occupait une place de choix. A la suite des décisions de la Cour constitutionnelle contre le retrait du droit de grève, on peut s’imaginer un certain découragement. C’est humain. Mais, ce sera inadmissible de sa part. Car, il n’y a que les utopistes qui ne savent pas, qu’aussi longtemps que notre administration restera telle qu’elle est aujourd’hui, le développement sera un vœu pieux.
Alors, en dépit de tout, Talon doit rester ferme dans sa vision, s’armer de courage et repartir à l’assaut de l’administration gangrenée. Pour ça, il n’aura pas d’autre choix que de sortir le grand jeu pour remporter le face-à-face Rupture-les goulots d’étranglement pour une administration publique de développement. Une fois encore, il est, entre autres, question de trouver l’alchimie pour la rendre performante et la débarrasser du réflexe pavlovien de la grève.
D’accord, que les décisions de la Cour sont sans recours et que la suppression du droit d’en jouir n’est plus désormais à l’ordre du jour. Cependant, que les ‘‘rameurs’’ à contre-courant m’en excusent, au risque que la navigation à vue se perpétue avec les prochaines générations, Talon a intérêt qu’avec lui et après lui, au Bénin, la grève soit l’exception et le travail consciencieux, la règle. Jusqu’ici, ce souci n’est pas celui des syndicalistes. Bec et ongles, ils défendent et poussent inexorablement leur grand corps malade vers la tombe. Reste à Talon de jouer son va-tout pour le sauver de ses bourreaux ou de tout simplement renoncer à sa mission. A lui de choisir !



Dans la même rubrique