En vérité : Alerte inondations !

Moïse DOSSOUMOU 19 août 2020

C’est une alerte cyclique. Elle est à nouveau d’actualité. La crue redoutée dans les zones inondables est à nos portes. Comme à l’accoutumée, le ministère de l’intérieur a lancé un appel à la prudence des populations exposées en cette période critique. En date du 17 août dernier, le communiqué officiel fait état de constats d’ « accidents mortels relatifs aux activités de transport fluvio-lagunaires, de pêche, d’exploitation des ressources marécageuses et autres ». Pour l’instant, trois communes sont exposées à une éventuelle catastrophe. Malanville, Karimama et Bonou dont les habitants ne sont pas étrangers aux drames liés à la montée des eaux s’apprêtent pour une riposte, qui on l’espère, sera à la hauteur de la menace. Bras opérationnel du gouvernement, l’Agence nationale de protection civile (Anpc), suffisamment aguerrie en la matière, est à pied d’œuvre pour prêter main forte aux sinistrés. Cette opération ne sera pas une partie de plaisir.
Habituellement, ces eaux dont la furie cause d’innombrables dégâts prennent leur source en Guinée, traversent le Niger, le Bénin, le Nigéria pour échouer au Cameroun. N’étant pas toujours préparées à une catastrophe de grande ampleur, les populations vaquent normalement à leurs activités en dépit des appels à la vigilance. En effet, malgré les différents messages de sensibilisation, il y en a qui continuent de faire preuve d’imprudence en adoptant des comportements à risques. Malheureusement, le pire finit par arriver. C’est donc pour éviter la répétition de drames que le ministère via l’Anpc a pris le taureau par les cornes. Outre les trois communes déjà en situation critique, d’autres localités à savoir Adjohoun, Athiémé, Dangbo, Grand-Popo, Lokossa, Ouinhi, Zangnanado et Zogbodomey sont aussi concernées. Ces milieux proches des plans d’eaux subissent de plein fouet les affres des inondations. Chaque année, bien que les risques soient connus, il faut toujours que les pouvoirs publics jouent le rôle de gendarmes pour limiter autant que possible la saignée.
Le plus urgent à faire, c’est déjà d’interdire la navigation sur les plans d’eaux. En effet, les populations riveraines n’ayant pas bien souvent de pirogues adéquates, chavirent très facilement avec pour conséquences des pertes en vies humaines. Malgré leur dextérité à la nage, elles subissent, la loi des intempéries. Ce n’est donc pas une question d’habitude encore moins d’expérience. A des moments donnés, il faut savoir se soumettre aux caprices de la nature au lieu de chercher à forcer. Et même lorsque les populations en arrivent à braver les mesures de prudence, elles sont invitées à ne pas effectuer de longues distances. Il est déjà arrivé plus d’une fois qu’après avoir traversé une localité à pieds secs le matin le retour soit compromis dans l’après-midi, parce qu‘entre temps, la crue aidant, les eaux sortent de leur lit et barrent la route. C’est un élément important dont il faudra tenir compte.
Par préservation de l’instinct de survie, les agriculteurs dont les champs se trouveraient sur le passage des eaux gagneraient à faire les récoltes au plus tôt pour éviter qu’elles soient immergées et donc détruites. Dans la même veine, le refus par les populations riveraines d’évacuer les lieux afin de trouver refuge dans des zones non sujettes aux inondations augmente les risques de catastrophe. Les bâtiments fragiles érigés avec de la terre battue ne résistent pas à la crue. Cela en rajoute aux problèmes sociaux. L’idéal serait de concevoir des habitations avec des matériaux adaptés aux contraintes de cet environnement. Au-delà de tout, la sensibilisation ne pourra porter ses fruits que si la bonne information va à l’endroit des concernés. C’est en cela que les préfets, maires, chefs d’arrondissement et chefs de village sont interpellés.





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