En vérité : Anglais au préalable !

Angelo DOSSOUMOU 30 mai 2018

Brice Sinsin l’a ainsi voulu. Sans parchemin d’établissement recommandé pour attester de la maîtrise de la langue anglaise, pas de possibilité d’inscription en master et en thèse de doctorat à l’Université d’Abomey-Calavi. Condition sine qua non courageusement décrétée mais désormais, exigence constitutionnellement validée.
Déjà que les notes de service du recteur Sinsin en date respectivement du 17 février et du 6 juillet 2016 ne font pas de l’Anglais ni la langue exclusive d’acquisition du savoir, ni la langue officielle du Bénin, il n’y a pas lieu, pour les sept sages, de les juger contraires à la Constitution. Le vin est tiré. Ayodélé Ahounou, le requérant est clairement fixé. Aux candidats à l’inscription à l’école doctorale, il faut la preuve d’un bain linguistique en anglais et un certificat de maîtrise de la langue de Shakespeare délivré par le Cebelae, entendez Centre béninois des langues étrangères.
Sur ça donc, plus de débat. Mais au-delà des conditions de l’inscription en master, l’indispensable Anglais, dans le cursus scolaire, revient, une fois encore, au-devant de la scène. Certes, au Bénin, l’Anglais n’est pas la langue officielle. Mais, depuis toujours, les analystes ont compris qu’il ouvre facilement des portes et renforce la capacité de recherche et de compétitivité de l’étudiant.
Alors, pour facilement appréhender le monde moderne, pas de choix pour les apprenants. Il faut davantage qu’ils apprivoisent l’Anglais. D’ailleurs, son importance n’est plus à démontrer. Et par conséquent, depuis quelques années, la politique éducative en a fait un défi. Dès le primaire donc, lentement mais sûrement, son enseignement se généralise.
En plus, quand au moins, sept ans durant, l’apprentissage d’une langue a été réellement effectif, c’est forcément, pour qu’en temps opportun, le bénéficiaire en jouisse. Et comme la maîtrise de l’anglais, est aujourd’hui comparable à un passeport diplomatique, ne pas l’avoir ne peut qu’être un handicap. Surtout, quand la vocation affichée est de voyager, de faire des recherches afin de se donner les moyens d’aller au bout de son cursus universitaire, il ne devrait, en principe, pas avoir d’excuse.
L’autre chose est qu’à côté de notre pays, il y a le géant Nigeria. Ce qui veut dire des possibilités d’échanges de toutes sortes. En somme, pour le Béninois, l’Anglais est une réelle opportunité. D’où, Sinsin mérite des vivats. Quant à la Cour, garant du respect de la loi fondamentale du 11 décembre 1990, elle ne peut que défendre une République indépendante, ouverte au progrès et au monde.
Reste donc qu’après la clarification des sept sages, qu’un coup d’accélérateur soit donné à la base, à une incontestable politique éducative pour l’Anglais. Cela suppose une généralisation de l’enseignement de l’Anglais au primaire. Mieux, l’enjeu recommande, et dans les plus brefs délais, la mise en place d’un mécanisme pour plus de pratique de la langue, non seulement en milieux scolaire et universitaire mais aussi, dans les lieux publics.
Enfin, et c’est une réalité indéniable, allons à l’Anglais si nous ne voulons pas être la risée du monde. Les autorités politico-administratives, Brice Sinsin, la Cour constitutionnelle ne peuvent pas dire mieux !





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