En vérité : Au royaume des incendies !

Isac A. YAÏ 30 août 2017

Il y a de quoi être en colère. Une fois, deux fois et désormais à chaque fois, le royaume d’Abomey s’amuse à laisser détruire ce qu’il a de plus cher. C’est même, à la limite, devenu son jeu favori. Peut-être que j’exagère. Mais, cette négligence qui constamment consume Palais royaux et musée historique, avec tout ce qu’il y a dedans, est impardonnable. Et pour cause, une bévue qui entraîne un incendie, ça peut arriver. Méprise sur méprise aux conséquences dommageables, autant dire que nous sommes au Royaume des pyromanes et qu’à ce rythme, les précieux objets d’arts et trésors royaux qui y restent, feraient mieux de chercher un autre abri.
Sinon, jusqu’ici, à moins que demain, le contraire soit prouvé, il n’y a que la providence pour répondre de leur sécurité. La preuve, pendant que nous réclamions, à cor et à cri, les trésors royaux emportés par le colon, nous voilà à déplorer un drame au musée central du Danxomè. Et oui à Abomey, au plus mauvais moment, ce sont treize stands et des millions d’objets d’arts qui, dans la nuit d’hier, sont réduits en cendres. Détruits et perdus à jamais pour la postérité. Quel triste sort réservé aux objets qui ont eu la mauvaise idée de choisir d’être abrités dans la capitale historique du Bénin ! Et quelle perte pour le tourisme !
D’ailleurs, quand on se fait, à chaque fois, mordre par le même serpent, on ne mérite aucune pitié. Dans tous les cas, désormais, je vois mal qui, farouchement et raisonnablement, défendra la restitution des trônes, statues et bijoux pillés en 1892 et actuellement exposés au musée du Quai-Branly. Avec de tels arguments donnés au colon, il faut, drôlement, être optimiste pour croire que, de sitôt, la France infléchira sa position.
Maintenant, revenons à nos moutons et à l’énième incendie dans un musée inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Définitivement, il est inadmissible qu’on continue, sans trouver une solution pérenne, à déplorer les mêmes incidents. Récemment, en janvier 2015, ce sont les flammes qui ont dicté leur loi aux Palais royaux d’Abomey. Deux autres incendies notamment en 2009 et surtout en 2012, ont détruit le Palais Houégbadja. En 1984, c’est une tornade qui a gravement endommagé le site. C’est d’ailleurs ce qui a conduit à son inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril de 1985 à 2007.
Bref, grâce à l’Unesco, il y a eu de nombreux projets pour aider le gestionnaire et le personnel du site avec la reconstruction des palais, le développement d’un plan de gestion des risques et des catastrophes, l’acquisition d’équipements d’urgence, et d’autres questions de conservation et de gestion. Mais là, on est obligé de se rendre à l’évidence. Malgré les efforts des partenaires au développement, à Abomey, on s’amuse avec le feu. Et faute morale ou je ne sais quoi, il faut que des têtes tombent. C’est la seule manière d’essuyer les larmes aux nombreuses victimes et de donner une chance de stabilité au musée et aux palais royaux. L’histoire, la mémoire, le tourisme et le business, Abomey en a besoin. Et vraiment, il faut une réponse aux catastrophes pour qu’il en soit ainsi !



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