En vérité : Au rythme des négociations !

Angelo DOSSOUMOU 7 février 2018

Il est entré en scène et pourtant, la nuit a été longue. Aussi longue qu’hier, au Palais de la Marina, malgré Talon, l’espoir du dégel a ronronné. Plusieurs heures de dialogue, et au finish, la fumée blanche se fait éternellement désirer. D’ailleurs, à l’allure des précédentes négociations Gouvernement-Syndicats et au vu du dosage de la plateforme revendicative, il fallait s’y attendre. Trouver illico presto un terrain d’entente avec les Secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales et décrocher la levée des motions de grèves relèveraient tout simplement d’un exploit.
Même s’il est permis, faudrait-il d’abord qu’une partie évite de trop tirer sur la corde. Et qu’ensuite, elle sache raison garder et apprenne parfois, à faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Rencontrer Talon, ils y tenaient. L’écouter et le comprendre, ça, c’est une autre paire de manches. Plusieurs heures et au bout, une satisfaction mitigée. Juste le sourire narquois d’avoir entendu de la bouche du président, ce qu’au préalable, les ministres leur ont servi.
Finalement, avec la surenchère syndicale et un jusqu’au-boutisme cristallisant, on peut oser le dire : « il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ». C’est dire qu’au sortir de la rencontre au sommet avec le chef de l’Etat, les représentants des travailleurs n’ont plus droit à l’excuse de l’ignorance. La voix autorisée qu’ils attendaient leur a parlé. Et si, ce sont des solutions miracles qu’ils espéraient, ils savent désormais, qu’avant la vie éternelle, ils devront forcément passer par le purgatoire.
Aux syndicalistes, on ne le dira jamais assez. Travaillez, c’est le fonds qui manque le moins. Sinon, quel père va donner à son enfant du serpent au lieu du poisson ? Je veux bien comprendre les syndicalistes mais, si tant est qu’à l’impossible le gouvernement n’est tenu, qu’ils enterrent tout de suite, la hache de la grève. Elle a déjà trop nui. Et, malheureusement, elle continue de nuire. Mais, sans confession, loin de moi l’idée de donner le bon Dieu aux gouvernants.
Alors, reste maintenant aux syndicalistes de produire la preuve que financièrement, le Bénin se porte bien et peut faire face à leurs exigences. Parlant des questions de libertés, c’est carrément un saut dans l’inconnu. Qui me dira, par exemple, à part le juge, que Laurent Mètongnon est blanc comme neige ? Et à quoi bon n’avoir pas plutôt privilégié la diplomatie syndicale à l’action pour obtenir le rétablissement de camarades supposés lésés ?
En somme, le rendez-vous du dernier espoir pour le dégel a eu lieu. Devant nos chers syndicalistes, Talon a convaincu mais n’a pas vaincu. Il a beau vouloir le bien des travailleurs et faire montre de compréhension à leur égard, comme la plus belle femme du monde, il ne peut donner que ce qu’il a. Et ce qu’il a, c’est le fruit du labeur commun. Autrement, ce sont les ressources à répartir selon les besoins infrastructurels et sociaux. Les syndicalistes le savent. Depuis hier, à une répétition pédagogique, ils ont eu droit. Suffira-t-elle, à les faire revenir à la raison ? Après la base, on attend de voir !



Dans la même rubrique