En vérité : Bénin, modèle de l’Uemoa

Moïse DOSSOUMOU 6 février 2019

Le Bénin a le vent en poupe. Les réformes produisent déjà des résultats intéressants. En dehors des avancées et acquis notés au plan national, la même embellie se remarque au niveau sous-régional. Au niveau de l’Union économique et monétaire ouest africaine, notre pays fait désormais office de leader. La bonne nouvelle a été apportée par le président de la commission en personne. En déplacement sur Cotonou, Abdallah Bouréima l’a notifié de vives voix au chef de l’Etat ainsi qu’au ministre de l’économie et des finances. La 4ème édition de la revue annuelle des réformes, politiques, projets et programmes communautaires de l’Union qui s’est déroulée lundi dernier, 4 février 2019, a été l’occasion pour les émissaires de l’Uemoa d’informer la partie béninoise des performances à son actif. Il faut retenir jusqu’à nouvel ordre que le Bénin affiche un taux de mise en œuvre des réformes de 80,2 % en 2018 contre 63,7 % en 2017.
Ce succès obtenu à l’échelle sous-régionale est d’autant plus intéressant qu’il n’a jamais été égalé dans aucun pays de l’Union depuis l’institution de la revue en 2013. Grisé par ce résultat on ne peut plus élogieux, le Bénin ne compte pas, à en croire, le ministre de l’économie et des finances, s’arrêter en si bon chemin. Devant être perçue comme un appel, une source de motivation supplémentaire pour aller plus loin, cette prouesse a été rendue possible grâce à l’engagement personnel du chef de l’Etat. Lorsque la volonté politique ne souffre d’aucune ambiguïté, l’ensemble du dispositif est huilé et orienté vers l’atteinte des résultats désirés. Il n’en fallait pas plus pour que Abdallah Bouréima décerne un satisfecit au Bénin, qui, en un temps record, a engrangé des acquis en termes de consolidation et de modernisation de l’exercice d’évaluation des réformes, politiques, programmes et projets communautaires.
Ces réformes profondes et structurelles célébrées par l’Uemoa accélèrent l’intégration économique et la production de richesses. En se mettant en évidence au-delà de ses frontières, le Bénin crée une saine émulation entre les Etats de l’Union. Séduits par cet exploit, nul doute que les autres gouvernements voudront attirer sur eux les feux des projecteurs dès les autres années. A partir de cet instant, l’engagement et la détermination de nos autorités doivent être davantage accrus afin que le Bénin ne descende pas de son piédestal dès la prochaine revue. C’est dire que les efforts consentis pour parvenir à cette étape devront être maintenus, voire renforcés. En instaurant sans le vouloir une compétition entre les Etats, le Bénin se trouve obligé de défendre coûte que coûte la position enviable qui est la sienne aujourd’hui au sein de cet espace communautaire. En cela, l’implication des acteurs au plan national qui ont permis cet exploit est à rechercher plus que par le passé.
Pour l’instant, le Bénin est en droit de savourer son triomphe. L’Uemoa donne une preuve supplémentaire que nous sommes sur la bonne voie. Dans une grande proportion, le diagnostic ayant conduit à l’identification des réformes ainsi qu’à leur mise en œuvre est pertinent. Le Bénin peut et doit se révéler, en Afrique comme partout ailleurs. Petit à petit, si chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice, il y a des chances que la pauvreté qui demeure teigneuse soit vaincue. Mais, ça c’est un combat de longue haleine. Ce qui importe, c’est que les bonnes décisions soient prises et bien appliquées. Si l’austérité imposée rend la vie difficile aujourd’hui, c’est pour que demain soit meilleur. La bêtise aurait été de se la couler douce dans le présent et de réserver le chaos en héritage aux générations futures. C’est une fierté pour les Béninois de savoir qu’ils sont considérés comme des modèles dans l’espace Uemoa.





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