En vérité : Bloc républicain : une réalité

Moïse DOSSOUMOU 10 décembre 2018

Les Républicains sont dans la place. Lentement mais sûrement, ils ont réussi le pari de se mettre ensemble. Pour les acteurs concernés, se soustraire de leurs anciennes chapelles fut difficile, mais pas impossible. Désireux de contribuer à l’effectivité de la réforme du système partisan, ils ont mis de côté leurs égos pour se conformer à la discipline de groupe. C’est dire que les anciens partis, alliances et mouvements dont sont issus les leaders et militants du Bloc républicain n’existent plus. Le prononcé du requiem de toutes ces organisations fut une condition sine qua non à l’adhésion du grand Bloc. A présent, tous ces acteurs politiques éparpillés sur l’ensemble du territoire national, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ne s’identifieront qu’à travers un seul et unique parti : le Bloc républicain. Evoluer dans de grands ensembles politiques en lieu et place des minuscules creusets pompeusement baptisés « parti », telle est la tendance en vogue.
Que dire du logo choisi par les Républicains ? Le cheval blanc cabré figurant sur une carte du Bénin peinte en vert est lourd de sens. En effet, « le cheval est un symbole de noblesse, de puissance, en plus d’être un compagnon fidèle de l’homme. C’est un animal vigoureux, capable de faire de grandes choses et qui dispose d’une force à nulle autre pareille. Le cheval est un quadrupède, mais pourtant, il arrive à se cabrer et à se mettre sur ses deux pattes arrière. C’est cette intelligence qui nous a amenés à nous mettre ensemble ». La couleur verte symbolise l’espoir du renouveau que veut incarner ce bloc. « Ce renouveau nous permet de rêver grand, de rêver beau pour notre pays. Ce renouveau nous permettra à terme de laisser un pays où la bonne gouvernance sera de mise et où tous les citoyens seront fiers et heureux ». Telle est l’explication qu’on peut retenir de ce logo dévoilé par Dr Malick Séibou Gomina qui veut prendre une part active à la vie de ce parti.
Robert Gbian, Abdoulaye Bio Tchané et Jean-Michel Abimbola sont désignés pour diriger ce beau monde. A trois, ils devront faire en sorte que le géant républicain étende davantage ses tentacules dans tout le paysage politique. A l’image du Bon pasteur, ils devront faire en sorte de ne perdre aucune des brebis confiées à leurs soins. Dans leur tâche, ils seront épaulés par un bureau composé de 59 membres. Adam Bagoudou, Nassirou Arifari Bako, Gilbert Bagana, François Abiola, Adam Affo Dendé, Karamatou Fagbohoun, Jonas Gbènamèto, Rachidi Gbadamassi, Paulin Gbénou, Hervé Hèhomey, Bernard Houngnibo, Octave Cossi Houdégbé, Dona Jean-Claude Houssou, Barthélémy Kassa, Adidjatou Mathys, André Okounlola, Sofiath Schanou, Cyprien Togni, Charles Toko, Janvier Yahouedeou, pour ne citer que ceux-là, vont accorder leurs voix pour écrire les plus belles pages de cette formation politique naissante. Parakou qui a vu naître ce bébé politique samedi dernier leur portera peut-être chance.
Avec la création de ce second bloc, Patrice Talon a relevé le défi d’organiser sa troupe. Sous son leadership, ses partisans ont su s’organiser pour traduire en acte sa vision. Une fois ce cap franchi, c’est maintenant que le plus dur commence. L’enthousiasme du début devra être manifeste le long du parcours qui s’annonce tumultueux et éprouvant. Les difficultés et les frictions ne manqueront pas. Le comportement qui sera celui des soutiens du chef de l’Etat regroupés dans les deux partis qui accompagnent ses actions sera déterminant dans la survie de ces creusets. Lorsque surviendront les difficultés, que feront-ils ? Vont-ils rester pour colmater les brèches ? Ou, partiront-ils chercher leur bonheur ailleurs ? Le moment n’est pas encore venu pour se pencher sur ces interrogations. Ce qui est évident, c’est que Patrice Talon déroule son plan. Mais, parviendra-t-il réellement à assainir sur la durée les mœurs politiques ? Telle est la question.



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