En vérité : Bonnes perspectives pour le football

Moïse DOSSOUMOU 6 août 2020

Le nom était plutôt bien trouvé. Il renseignait suffisamment sur le visage que présenterait le sport roi en cas de victoire. Ça se passait en août 2018. Comme l’ont voulu les électeurs à l’époque, la liste dénommée « Bénin football nouveau départ » l’a emporté. Depuis deux ans, le management a changé à la fédération béninoise de football. Dès le départ, le cadre a été tracé. Tout est fait dans l’optique de professionnaliser le sport le plus populaire. Pour ça, il fallait des réformes. Evidemment, elles ne sont pas sans connaître des résistances. Au vu des réalités du monde du football, il faut vraiment être déterminé et avoir le dos large pour bouleverser les pratiques. Comme en politique, la vertu y a très peu de place. Ce n’était donc pas évident que Mathurin de Chacus qui a pris les rênes du football au lendemain d’une gestion à polémique fasse des prouesses.
En bon manager, il réussit lentement mais sûrement à imprimer sa marque dans la maison du football. A mi-mandat, certaines actions attestent de la capacité de l’équipe dirigeante à mener le bateau à bon port. La reprise et la régularité du championnat national sont les signes les plus évidents de la dynamisation de ce sport. En effet, c’est grâce à cette compétition annuelle que les clubs s’affrontent par catégorie, qu’ils montent en grade ou descendent de leur piédestal, que les joueurs éprouvent leurs talents et acquièrent de l’expérience. Il va sans dire que les autres acteurs à savoir les arbitres, l’encadrement technique, l’équipement médical, les dirigeants des clubs, pour ne citer que ceux-là, ont souvent l’occasion de se remettre en cause, d’apprendre, de s’affirmer et de faire éventuellement des ajustements. Toute cette dynamique participe du renforcement des bases de ce secteur qui a longtemps végété dans l’amateurisme. En effet, la bonne santé du football se mesure d’abord à l’aune de la régularité et des compétitions nationales.
Cerise sur le gâteau, puisque le football est devenu une industrie qui brasse de gros sous, un sponsor officiel permet à la fédération de tenir la dragée haute. Vu que l’un ne va pas sans l’autre, la dynamisation du championnat national a ouvert la voie à la participation tout aussi régulière des clubs béninois qualifiés aux compétitions sous-régionales, continentales et internationales. Le plus gros challenge à présent est de travailler à ce que nos joueurs soulèvent des foules sur les stades à l’étranger. Les Ecureuils l’ont si bien compris qu’ils sont allés en quarts de finale de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des nations. Une première que ne manquera pas de souligner Mathurin de Chacus au titre des acquis. La formation des équipes masculines des catégories d’âges et d’une équipe nationale féminine qui a son propre championnat vient s’ajouter à autant de faits qui attestent du changement de cap observé dans la gestion du football.
Dans un proche avenir, les clubs de football des ligues 1 et 2 sont appelés à élever leur niveau. Désormais, les dirigeants sont astreints à prendre les dispositions utiles en vue de la création d’une société anonyme sportive propre à leur association. Ces nouvelles sociétés doivent disposer d’un siège, d’un secrétariat administratif permanent et d’un service comptabilité. La participation aux championnats des ligues 1 et 2 de la saison 2020-2021 sera subordonnée à la satisfaction de ces conditions. Ainsi en ont décidé Mathurin de Chacus et son équipe qui en l’espace de deux ans ont fait des bonds qualitatifs. Si ce cap est maintenu, en 2022, à l’heure du bilan général, le football béninois aura gagné en professionnalisation. La fédération béninoise de football qui a été de tous les temps une maison à polémique gagnerait à se maintenir dans la dynamique du renouveau.





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