En vérité : Budget ‘‘rupturisé’’ pour les députés !

Angelo DOSSOUMOU 3 octobre 2017

Reconduction, renonciation mais surtout indignation. Pour un budget d’un peu plus de 14 milliards, les Béninois ont eu droit, avant le vote hier à l’unanimité, à une inhabituelle montée d’adrénaline dans les rangs de leurs représentants à l’Assemblée nationale ? Non contents, qu’in extenso et indépendamment de leur volonté, leur budget 2017 soit reconduit, ils n’ont pas caché leur frustration. Mais à la fin, en dépit de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, ils ont dû ravaler leur fierté et faire preuve de réalisme.
Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des arguments légaux, ne serait-ce que sur la forme, pour défendre leurs prétentions. A titre d’exemple, avant même son adoption et qu’il soit intégré au budget général de l’Etat, la loi de finances de l’Etat exercice 2018 a été transmise à l’Assemblée nationale. Pour une entorse aux règles budgétaires, personne ne pourra défendre que ce n’en est pas une. Conséquence, pour l’exercice 2018, les députés n’ont pas eu droit à un budget actualisé, ne serait-ce que pour réajuster quelques rubriques.
Le comble, comme si entre 2017 et 2018, les contextes sont restés les mêmes, nos honorables députés ont, selon leurs dires, pour plaire au gouvernement, détruit le budget initialement préparé pour l’Assemblée nationale au titre de l’exercice 2018 en plaquant les anciens chiffres. Tout simplement inédit !
Cependant, budget imposé ou pas, autant les populations à la base serrent les ceintures depuis bientôt deux ans, autant avec ce budget, nos députés sont obligés de composer avec un budget ‘‘rupturisé’’. D’ailleurs, ce sont nos chers syndicalistes, souvent opposés aux exorbitants avantages que se taillent les politiques, qui devraient être contents.
Sinon, comment comprendre que nos députés, à l’instar de syndicalistes véreux, alors même qu’ils jouent à peine leur partition, plaident pour que la ligne budgétaire d’animation des circonscriptions électorales soit augmentée de 5 à 10 millions par an ? Pis, pour obtenir gain de cause, ils suggèrent que la ligne réservée aux équipements pour l’Assemblée nationale soit revue à la baisse.
Heureusement qu’au-delà, des revendications corporatistes, ils ont compris que la meilleure façon d’améliorer les conditions de vie et de travail du parlementaire béninois, qui a ses bureaux sous les manguiers, c’est d’insister pour la poursuite et l’achèvement des travaux du nouveau siège de l’Assemblée nationale. C’est d’abord ça. Maintenant, des voies et moyens pour qu’effectivement, le projet aboutisse, le débat est ouvert. Pour l’instant, le budget du parlement exercice 2018, c’est désormais du passé. Le prochain tournant, c’est décembre, et le vote de la loi de finances. Mais une certitude avant 2018, aux délices de la Rupture, les députés y ont goûté !



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