En vérité : Cantines scolaires : objectif 51% !

Angelo DOSSOUMOU 6 février 2018

Presque personne n’en parle. Eclipsée par la grève, l’information est quasiment passée sous silence. Mais, de cet effort de la Rupture, il faudrait bien que le monde éducatif en prenne conscience. Dès la rentrée prochaine, le taux de couverture des écoles en cantines scolaires passera de 31 à 51%.
Après six mois d’expérience, le bilan est si encourageant que le ministre d’Etat et du plan, Abdoulaye Bio Tchané vise déjà loin. N’est-ce pas que l’appétit vient en mangeant ? Et donc, chaque année scolaire, ce sera désormais une enveloppe de 6,8 milliards FCFA au lieu d’un milliard. Pour le financement, les discussions avec les Partenaires au développement sont très avancées. Tous les signaux sont au vert.
En un mot, avec au total une enveloppe de 27,2 milliards, l’objectif du Programme d’alimentation scolaire intégré (Pnasi), avec la bénédiction du PAM, est d’offrir, jusqu’en 2021, des repas à 350.000 écoliers des zones déshéritées.
Sur ce point, on a beau être un détracteur du régime, il faut reconnaître que l’ambition des actuels gouvernants est noble. Mieux, à l’instar des microcrédits aux plus pauvres ou de la césarienne gratuite, c’est une mesure sociale majeure. Plus intéressant, vouloir la pérenniser et l’élargir au point d’envisager, sans même un bilan à terme, de passer de 31 à 51%, c’est plus qu’un défi à relever.
Déjà, en six mois, la gestion des stocks d’approvisionnement n’aura pas été de tout repos. Comme hier, on se rappelle encore ces Directeurs passés maîtres dans l’art de détourner les vivres des écoliers. Ou encore, ces récriminations à peine audibles sur la qualité du service offert aux enfants.
En somme, le projet ‘‘50% d’écoles à cantines scolaires’’ est en route. Bien ficelé. Mais seulement, j’ai bien peur que sans un bilan conséquent et inclusif, les fruits ne tiennent pas la promesse des fleurs. Toutefois, l’essentiel est là. Avec ce dopant alimentaire pour l’effectivité de l’éducation à la base, c’est tout simplement l’avenir du Bénin qui est inscrit, en lettres d’or, dans la vision du chantre du Nouveau départ.
Seulement, qui dit éducation au Bénin, parle d’abord d’un système éducatif voué aux gémonies. Ensuite, de la qualité au rabais des enseignants actuellement en grève. C’est dire que les apprenants qui n’ont pas de porte-voix ont, tout aussi, des récriminations et revendications quant à leurs conditions d’études.
Mais passons. Pour l’instant, ils n’ont pas besoin d’un statut particulier mais plutôt, de quoi assouvir leur faim et leur soif d’apprendre. Et avec 51% d’écoles à cantines scolaires annoncées pour la rentrée prochaine, nos chers enfants ne diront certainement pas que le choix de la Rupture n’est pas judicieux. Je parie même que s’ils avaient la possibilité, ils plaideront pour une couverture plus large des cantines scolaires.
Hélas ! Personne n’a le temps de les écouter. Heureusement, sous le règne du Nouveau départ, ils ne passeront plus au dernier rang. D’ailleurs, pour une éducation à la hauteur des attentes, l’idéal est d’investir autant sur l’enseignant que sur l’apprenant. Mais voilà, quelle que soit votre vision, vous ne ferez jamais l’unanimité. Comprendra qui veut comprendre. En attendant leurs cantines scolaires, les écoliers salivent. Enfin, pourvu qu’à la gare, le train arrive à l’heure. Sinon, la rupture aura tort !



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