En vérité : Cap sur le sport

Moïse DOSSOUMOU 21 novembre 2018

Le sport, c’est sa passion. Convaincu que par ce biais, le Bénin peut s’illustrer positivement sur la scène sous-régionale, continentale et même internationale, Patrice Talon ouvre ce chantier. Pendant deux ans et demi, le chef de l’Etat s’est attaqué à plusieurs fronts. Il entame la seconde moitié de son quinquennat avec un nouveau challenge, celui de révéler les sportifs de son pays à l’interne comme à l’externe. Comme s’il avait suffisamment mûri ce projet, au même moment où il fait l’annonce de son ambition, il révèle à l’opinion la stratégie devant concourir à sa concrétisation. Si le projet de loi de finances, exercice 2019, passait en l’état, la donne change qualitativement au Bénin. Il faut croire qu’à partir du 1er janvier 2019, les entreprises publiques et privées devront investir dans le sport. Il leur sera fait obligation de faire une ponction sur leurs chiffres d’affaires hors Tva pour financer les activités sportives.
Le football, le basketball, le handball et l’athlétisme sont les quatre disciplines sportives sur lesquelles le président de la République a jeté son dévolu. Le prélèvement des taxes de l’ordre de 1 pour 1000 auprès des sociétés visées constituera la cagnotte qui servira à financer leur promotion. Spécifiquement, il est demandé aux entreprises dont les promoteurs et/ou dirigeants ont rencontré le chef de l’Etat, de mettre sur pied des clubs sportifs professionnels, soit individuellement, soit en unissant leurs forces. Cela voudra dire qu’il s’agira de clubs véritablement professionnels avec des joueurs, des encadreurs et tout le staff technique à recruter. Pour qu’il n’y ait pas d’amalgame, Patrice Talon a martelé que le personnel sportif devra être distinct du personnel de l’entreprise. Des salaires dignes de nom véritablement versés aux sportifs leur permettront de s’adonner avec abnégation à leur amour pour le sport.
A défaut de mettre au moins une équipe sur pied, les entreprises sont astreintes à verser leur contribution au Trésor, quitte au gouvernement de s’en servir pour financer les équipes sportives municipales et communales qui seront incessamment mises sur pied. Les banques, les compagnies d’assurances, les Gsm, les sociétés spécialisées dans la cimenterie, l’agro alimentaire et même les services pour ne citer que celles-là, auront à partager un peu de leurs ressources avec la communauté nationale. De tout temps, à part quelques mécènes qui investissent dans le sport comme on jette de l’argent par la fenêtre, nombre de Béninois, même passionnés, s’abstiennent de « gaspiller » leurs ressources. Or, sans argent et sans accompagnement, le sportif le plus talentueux reste limité. Il ne peut accomplir les grandes prouesses qui suscitent l’enthousiasme et le déferlement des passions. Ces clubs sportifs dont la création est imminente offriront aux talents l’opportunité de se mettre en valeur.
Le premier acte de cette volonté de promotion du sport sous le régime de Patrice Talon fut l’institution des classes sportives. Les apprenants des lycées et collèges disposent depuis peu d’un cadre pour exprimer leurs talents sur les aires de jeux. Les équipes communales offriront aux citoyens de tous les coins du pays le creuset pour révéler leurs talents. Si la question du financement est réglée, il va sans dire que les énergies se libèreront. Le dépit, le découragement et la résignation ne seront plus de mise du côté des sportifs. Tout ce qu’ils auront à faire, c’est d’exprimer et affiner leurs talents. Le chef de l’Etat fait bien de sensibiliser et d’inciter, au moyen de la loi de finances, les entreprises à investir dans le sport. Pourvu que la tendance soit maintenue et que les réglages s’effectuent au fur et à mesure. Dans deux ou quatre ans, le chef de l’Etat jure que notre pays fera parler de lui sur le plan sportif. C’est le vœu de tous les Béninois.





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