En vérité : Certificat à compte-gouttes

Moïse DOSSOUMOU 5 août 2019

Le cercle s’agrandit. Les partis politiques répondant aux critères édictés par la charte des partis politiques se multiplient. En fin de semaine écoulée, deux nouvelles formations politiques ont obtenu, pour ainsi dire, leurs actes de naissance respectifs. La Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) et l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) sont officiellement reconnues comme des creusets politiques. Désormais, ils pourront valablement s’animer, opiner et surtout participer aux joutes électorales. La bonne nouvelle apportée aux leaders de ces deux nouveaux partis, dans la soirée du vendredi dernier est l’aboutissement d’un long processus, douloureux à bien d’égards. Valentin Aditi Houdé et Claudine Prudencio tiennent maintenant le bon bout. Comme beaucoup d’autres, ils n’ont pu participer aux législatives du 28 avril dernier. Ils n’en sont pas morts pour autant.
Ils sauront à l’avenir comment occuper le terrain, car ces deux leaders revendiquent le contrôle de la 6ème circonscription électorale. Mis à l’écart du combat électoral pour les législatives à cause des contingences institutionnelles et politiques, Valentin Houdé et Claudine Prudencio reviennent à la vie. Les cartes de leur avenir politique sont désormais entre leurs mains. A eux de jouer. L’ex premier questeur de l’Assemblée nationale a particulièrement un grand défi à relever. Il y a quelques mois, il a porté, ensemble avec d’autres acteurs politiques la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) sur les fonts baptismaux. Mais il y a tout juste quelques jours, avant que le certificat de conformité ne soit délivré à ce parti par les services compétents du ministère de l’Intérieur, deux valeureux soldats ont rompu les amarres pour rejoindre le Bloc républicain. Patrice Hounsou-Guèdè et Nazaire Dossa, proches de Valentin Houdé ont convolé en justes noces avec la mouvance présidentielle.
Après les remous constatés lors de la période électorale, la liste des partis ayant une existence légale s’allonge. Après le Bloc républicain (Br), l’Union progressiste (Up), le Parti du renouveau démocratique (Prd), le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin), le parti Force cauris pour le développement du Bénin (Fcdb), c’est au tour de la Dud et de l’Udbn de rejoindre l’arène. La réforme du système partisan visait, selon ses géniteurs, la suppression des centaines de micros partis existants pour donner naissance à 4 ou 5 au maximum. Nous sommes déjà à sept. Et il y a encore des partis qui sont dans l’attente de recevoir l’assentiment du ministre de l’Intérieur. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), l’Union sociale libérale (Usl), le Parti communiste du Bénin (Pcb) et le parti Restaurer l’espoir (Re), pour ne citer que ceux-là, attendent toujours la délivrance de leur certificat de conformité.
Il y a quelques jours, le chef de l’Etat s’est invité dans la danse en recevant les dirigeants des partis qui n’ont pu compétir pour les législatives. Après cette rencontre, le ministre de l’Intérieur, instruit, devait prendre la relève. Comme on pouvait s’y attendre, les récriminations n’ont pas tardé à se faire entendre. Pour diverses raisons, les Fcbe, l’Usl et Re ne cessent de crier au scandale. Alors que pour la beauté du jeu démocratique, tous ces partis sont censés avoir une existence légale. Il serait intéressant que tous les goulots d’étranglements soient levés afin que ces querelles ne soient plus d’actualité. Quelle que soit l’étendue ou la qualité de la réforme, la création de partis politiques dans une démocratie ne peut donner lieu à autant de polémiques. Le ministre de l’Intérieur et le personnel politique sont interpellés.





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