En vérité : D’une rencontre à un dégel !

Angelo DOSSOUMOU 13 novembre 2017

Une avancée et l’espoir que très bientôt, de la crise dans le secteur de la santé, on en parlera au passé. Du moins, depuis la rencontre au sommet du samedi à la Marina, on peut oser dire : « enfin le dégel ! ». A la vérité, l’horizon totalement assombri ces derniers jours, après des déclarations incendiaires, s’est à nouveau éclairci. Mais, pour qu’il en soit ainsi, il aura fallu que le président Talon prenne ses responsabilités. Après deux mois de grève et les balbutiements du Comité de négociation, il était vraiment temps.
Tout compte fait, au Palais de la présidence, avec les accords obtenus et les dernières déclarations du ministre Alassane Séidou retirées, il faut tirer un coup de chapeau au négociateur Talon, mais surtout se demander pourquoi maintenant et pas avant ? Car, tout de même, cela fait déjà deux mois à tourner en rond. Plus de soixante jours d’un bras de fer au cours desquels, les malades ont été laissés à leur triste sort. J’imagine qu’en dépit du dégel, personne ne peut aujourd’hui perdre de vue qu’il y avait moyen d’arrêter au plus tôt le massacre.
Mais, le mal est fait. Et de cette funeste histoire, il faut retenir qu’en quelques heures, le président Talon a trouvé solutions à la plupart des doléances du collectif des syndicats du secteur de la santé. Alors, soit ce sont les ministres qui jugent mal de la pertinence des revendications des syndicalistes soit, ils n’ont pas la main pour décider des solutions conséquentes à apporter.
Malheureusement, s’il en est ainsi, le seul recours, pour lever la moindre équivoque, sera toujours le chef de l’Etat. Là, n’allez pas me demander à quoi servent les ministres et les réunions hebdomadaires du gouvernement. Tout simplement, je tombe des nues quand je constate que de petites incompréhensions ont mis, pendant deux mois, la vie des citoyens en péril.
D’abord, des revendications au plan économique, il est à retenir que sans grande difficulté, les deux parties sont parvenues à un accord. Au plan administratif et notamment du cas des agents recrutés en 2014 et qui, à ce jour, sont sans salaire, on aura compris que le virus « lourdeur administratif » est passé par là. Et dites-vous que trois ans sans salaire, c’est un enfer. Mais, plus grave, une porte grandement ouverte à la corruption. Sinon, de quoi vivent nos agents de la santé recrutés depuis trois ans ? Evidemment, à ce niveau, remarquez avec moi que si chacun faisait convenablement son travail, on n’aurait pas besoin des instructions du chef de l’Etat avant de débloquer la situation.
Et pour ce qui est des divergences autour du projet de réformes pour le secteur de la santé, les partenaires sociaux auront compris que sous Talon, on ne badine pas avec l’autorité de l’Etat. D’ailleurs, si pour l’actuel locataire de la Marina, une grève, pour des propositions de réformes encore en phase de correction par un comité de relecture, sort de l’entendement, il ne reste alors qu’à laisser la porte du dialogue grandement entrouverte. Au finish, d’une rencontre à un dégel, il n’y avait qu’un petit pas. Et, plus tôt on l’aurait franchi, mieux ça vaudra. Malheureusement, au bilan, nous avons deux mois de grève et des morts sur la conscience. Malgré le dégel, ça laisse forcément des regrets !



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