En vérité : Dans l’antre des progressistes

Moïse DOSSOUMOU 3 décembre 2018

Ils y sont parvenus. Lentement mais sûrement, ils sont passés du rêve à la réalité. Défiant les limites de l’impossible, ils se sont donné la main pour taire leurs rancœurs et réticences afin de réaliser l’exploit. A présent, c’est chose faite. L’Union progressiste est née. Le samedi 1er décembre dernier, l’acte constitutif de ce géant a été posé. Ce parti, qui répond aux nouvelles conditions exigées par la Charte des partis politiques, ira sous peu à l’assaut des électeurs pour se donner une certaine légitimité. Mais avant cela, ses géniteurs peuvent se vanter d’avoir réussi l’exploit. Ce n’était pas évident que la longue marche entamée depuis un laps de temps les conduise à destination. La route fut jalonnée d’embûches, le parcours éprouvant. Ils n’ont cependant pas perdu de vue l’objectif commun. Qu’importe le découragement, l’essentiel était de finir ce qui a été commencé. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont assuré.
Au lendemain de la grand-messe du palais des sports du stade de l’amitié, les leaders de ce nouveau parti regarderont à l’avenir dans la même direction. S’ils furent adversaires par le passé, jusqu’à nouvel ordre, ils sont dans la même barque. Qui pouvait croire que Bruno Amoussou, Antoine Kolawolé Idji, Mathurin Coffi Nago, Issa Salifou, Edmond Agoua, Aké Natondé, Abraham Zinzindohoué, Sacca Lafia, Orden Alladatin, Christelle Houndonougbo, Barnabé Dassigli, Adidjatou Mathys, pour ne citer que ceux-là, étaient capables de se donner la main pour créer ensemble un seul et même parti politique ? Sous le leadership de Patrice Talon, ils ont relevé un grand défi. Fini le temps des atermoiements et de l’arrondissement des angles. Ce qui compte maintenant, c’est qu’ils ont traduit en actes, l’ambition du chef de l’Etat et celle d’une part non négligeable du personnel politique pour ce qui est de la réforme du système partisan.
Exit le Parti social démocrate, la Renaissance du Bénin, les Forces démocratiques unies, l’Union pour la relève, le Parti pour la démocratie et le progrès social, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès, l’Union pour la démocratie et la solidarité, le Congrès du peuple pour le progrès, Alternative citoyenne, le Congrès pour le développement et la solidarité (Cds-Finagnon)… Tous ces creusets qui ont animé la vie politique ces dernières années disparaissent au profit de l’Union progressiste. Comme un phénix, tous ces petits partis dont les fiefs étaient confinés à l’intérieur des départements, des communes et des arrondissements cessent d’exister pour donner naissance à une nouvelle formation politique implantée sur toute l’étendue du territoire national. Ce congrès extraordinaire tant attendu devait livrer la liste des dirigeants du parti. Mais les travaux se sont limités à la désignation des membres du bureau politique.
Rendez-vous a été pris dans un an, soit en décembre 2019, pour le premier congrès ordinaire. A cette occasion les dirigeants du parti qui auront réussi à obtenir l’aval des militants seront connus. En attendant, les animateurs de l’Union progressiste consacreront leurs énergies à réussir un test majeur : les législatives de mars 2019. C’est le défi le plus pressant. Que ce parti obtienne beaucoup de députés, telle est l’ambition nettement affichée par le groupe. Chaque leader s’investira pour qu’il en soit ainsi. Mais avant cela, il y a l’étape cruciale des positionnements où tout peut voler en éclats. Si la volonté de se donner la main et de conjuguer les efforts pour surmonter les difficultés demeurent en dépit de tout, l’Union progressiste aura prouvé qu’elle a été créée pour s’imposer dans le paysage politique. C’est en cela que l’exhortation de Henri Ford vient à point nommé : « se réunir est un début, travailler ensemble est la réussite, rester ensemble est le progrès ».



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