En vérité : De la parole à l’acte !

Moïse DOSSOUMOU 15 janvier 2019

28 avril 2019. C’est la date à laquelle se tiendront les législatives, les 8èmes de l’ère du Renouveau Démocratique. Ainsi en a décidé le gouvernement lors du dernier Conseil des ministres. Fidèle à sa promesse de convoquer le corps électoral dans les délais légaux, le chef de l’Etat a tenu parole. En effet, le mardi 8 janvier dernier, alors qu’il recevait les vœux des présidents des institutions de la République, Patrice Talon avait annoncé que son gouvernement ne se rendra pas coupable de légèreté pour ce qui est de la convocation du corps électoral. Dès le lendemain, soit le mercredi 9 janvier, il est passé à l’acte. Chacun est fixé à présent sur la date à laquelle se tiendront les prochaines consultations électorales. Certes, l’opinion publique attendait comme à l’accoutumée que ces élections se déroulent en mars. Mais le gouvernement a préféré l’option de la fin du mois d’avril.
De fait, la proximité entre ce scrutin et la fin du mandat de la 7ème législature peut être sujet à polémique. Dès la seconde moitié du mois de mai, Adrien Houngbédji et ses pairs devront passer le relai aux députés de la 8ème législature. La tenue du scrutin, la proclamation des résultats, les contestations éventuelles et la gestion des contentieux sont encadrés dans un délai court de deux semaines. Un pari ! Par ailleurs, le Bénin expérimentera pour la première fois le nouveau code électoral à l’occasion de ces législatives. Le changement du mode de calcul qui aboutit à la répartition des sièges et la barre de 10% des suffrages exprimés à recueillir par les listes dont les candidats prétendent siéger à l’Assemblée nationale sont des éléments nouveaux qui requièrent doigté et professionnalisme. Une simple erreur, un mauvais calcul peut tout remettre en cause. Encore que les appréciations du juge constitutionnel pour les listes avoisinant les 10% des suffrages exprimés donneront lieu à beaucoup de tumultes.
Eu égard à ces considérations, il aurait fallu que la date de ces élections soit maintenue en mars comme d’habitude ou tout au moins au début du mois d’avril. Mais, trêve de commentaires, le gouvernement est déjà passé à l’acte. Il faudrait maintenant que chaque partie prenante tienne compte de ces enjeux brûlants quant à son rôle et sa posture au cours et à l’issue de ce scrutin. Déjà en ordre de bataille, les partis politiques, qu’ils soient de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, n’ont pas attendu que le gouvernement confirme l’effectivité des élections, avant d’affûter leurs armes. Dans un mouvement d’ensemble caractérisé par leur envie de remporter le gain de la partie, les animateurs des formations politiques ne se donnent plus du repos. Chaque chapelle politique multiplie les interventions et actions pour se rendre proches des électeurs. Partout, c’est un branle-bas général. Avant l’heure, les politiciens avaient déjà déclenché les hostilités.
Du côté de la Commission électorale nationale autonome (Cena), l’heure est à la sérénité. En dépit des coupes sombres effectuées dans le budget de l’institution, ses têtes de pont se veulent rassurantes. Il ne leur reste qu’à faire mieux, beaucoup mieux que les fois précédentes afin que l’organisation matérielle des législatives ne souffre pas de grosses failles. La Cour constitutionnelle s’apprête également à répondre présente à ce rendez-vous pour ce qui est de la validation de la régularité du scrutin et de la répartition des sièges. Que dire du Cos-Lépi dont le mandat sera à terme dans une poignée de jours ? En son temps, Janvier Yahouédéou et ses collègues feront le bilan avant de déposer le tablier. A ce moment-là, la qualité du travail effectué en toute discrétion sera appréciée par chacun et par tous. Le 28 avril, c’est dans 14 semaines. Chaque jour qui passe nous rapproche de cette échéance qui arrive à grands pas.



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