En vérité : Des barrières contre le Covid-19

Moïse DOSSOUMOU 24 mars 2020

Il ne cesse de soulever des vagues. Depuis son apparition au Bénin le 16 mars dernier, le Covid-19 inspire beaucoup de craintes. De deux cas, nous en sommes maintenant à 5, ceci en l’espace d’une semaine. Tous de nationalité étrangère. A croire que le Bénin, terre d’accueil, paie le prix de son hospitalité. Il faut espérer que la courbe ascendante du nombre de personnes infectées sur le territoire national élève le niveau de conscience des uns et des autres sur les précautions à prendre pour éviter de se retrouver au creux de la vague. Cette fois, c’est un homme de 41 ans et un autre plus âgé, 56 ans, qui sont aux prises avec la maladie. Le comble, c’est qu’un adolescent de 18 ans, élève, infecté par son père, lutte aussi pour sa survie. Tel est le triste tableau peint dans l’après-midi d’hier par Benjamin Hounkpatin, ministre de la santé.
Visiblement, l’auto isolement n’a pas porté ses fruits. Force est de constater que les voyageurs ayant débarqué sur le sol béninois ces derniers jours n’ont pas respecté les instructions reçues à l’aéroport. La bonne foi placée en eux a montré ses limites. C’est pourquoi depuis peu, la mise en quarantaine systématique de tout voyageur arrivé par voie aérienne est observée. Le gouvernement qui avait annoncé une série de mesures il y a huit jours, vient de corser l’addition. Les choses vont vite, très vite. Plus la menace monte, plus des décisions sont prises pour la contrer. Les parents d’élèves qui réclamaient la fermeture des écoles sont plus ou moins satisfaits. Réunis en session dans la journée d’hier sous la présidence du chef de l’Etat, le comité gouvernemental de suivi de la pandémie a pris des décisions non moins importantes. Les congés de pâques anticipés, pour toutes les écoles et universités publiques et privées, courent du lundi 30 mars au lundi 13 avril.
Cette mesure vise donc à soulager un tant soit peu l’opinion tourmentée par les cas confirmés au Bénin. Une fois à la maison, placés sous la responsabilité de leurs parents, les élèves et étudiants pourront se mettre à l’abri en espérant des jours meilleurs. Toujours dans le but de contrer cette pandémie, huit communes fortement exposées seront isolées du reste du pays. Ainsi, toujours à partir du lundi 30 mars prochain, la mobilité des personnes résidant à Cotonou, Abomey-Calavi, Allada, Ouidah, Sèmè-Podji, Porto-Novo, Akpro-Missérété et Adjarra sera réduite à l’essentiel. L’idée est d’éviter que le virus ne soit transporté de ces localités vers d’autres contrées du pays. Pour rester en harmonie avec cette décision, le transport en commun sera également suspendu à l’intérieur de cette zone de confinement. Les habitants de cette commune savent à quoi s’en tenir. Pour la bonne cause, ils devront faire contre mauvaise fortune bon cœur.
Le gouvernement recommande aussi aux populations d’éviter de se regrouper sur les lieux de plaisance comme les plages, les places des fêtes et autres. Enfin, les personnes âgées de plus de 60 ans et celles porteuses d’affections chroniques sont expressément invités à se mettre en auto-isolement. Puisque la fragilité de leur système immunitaire leur laisse peu de chances de survie en cas de contamination, il est préférable qu’elles ne s’exposent pas. L’évolution du nombre de cas entraîne de facto une réaction officielle qui se manifeste par de nouvelles mesures. En fin de compte, vu les ravages effroyables causés par cette pandémie à travers le monde, les citoyens ne seront jamais satisfaits par les dispositions gouvernementales. C’est pourquoi, en plus de celles-ci, chacun étant son propre gendarme, est appelé à assurer sa propre sécurité. Chaque personne est responsable de ses choix.





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