En vérité : Des compétences pour l’administration

Moïse DOSSOUMOU 26 mars 2020

Une seconde vague de cadres à la disposition du gouvernement. Leurs prédécesseurs, inscrits à la phase de lancement, retenus, puis nommés, ont eu le temps de démontrer leur savoir-faire. Leurs apports déterminants quant à la qualité des procédures requises dans la chaîne de dépenses publiques, ont inspiré les décideurs à poursuivre l’aventure. Certes, tous n’ont pas eu l’occasion d’être promus à un poste de grande responsabilité comme ils le désiraient. Mais la plupart ont eu cette opportunité et ont sans doute confirmé tout le bien que le gouvernement pouvait penser d’eux. Raison pour laquelle, il fallait étoffer à nouveau ce fichier qui se vidait progressivement de sa substance. Le processus lancé il y a quelques mois est en passe de connaître son aboutissement. L’engouement noté au niveau des cadres quant à la constitution de ce fichier dénote de leur volonté de participer à l’amélioration de la performance de l’administration publique.
Sur 536 dossiers, 275 ont été déclarés recevables. La session hebdomadaire du Conseil des ministres qui s’est réuni hier mercredi 25 mars 2020 a annoncé que ce nombre a été revu à la baisse. En effet, la quête de l’excellence a conduit les autorités en charge de la gestion de ce fichier à recourir à d’autres critères éliminatoires. Ainsi, seuls les postulants ayant réuni une note supérieure ou égale à 14/20 au terme du test psychotechnique sont qualifiés pour la dernière phase, celle de l’enquête de moralité. Comme il fallait s’y attendre, beaucoup de cadres ont été recalés à cette étape. De 275, les organisateurs de ce recrutement ont jeté leur dévolu sur 115 profils. Mais, ceux-ci ne sont pas pour autant sortis de l’auberge. Il leur faut en fin de compte passer entre les mailles de l’enquête de moralité pour prétendre intégrer le fichier. A dessein, le mécanisme a été corsé pour que la crème des crèmes soit sélectionnée.
Quatre profils spécifiques sont concernés par la mesure. Depuis quelque temps, il faut sacrifier à cette exigence avant de prétendre occuper les postes de Directeur de l’administration et des finances (Daf), de spécialiste en marchés publics, de spécialiste en gestion des projets et enfin de directeur des systèmes d’information. Tel que l’a voulu le gouvernement, c’est dans ce vivier en cours de renouvellement que les cadres répondant à ces profils seront nommés. Raison pour laquelle les candidats se sont bousculés pour offrir leurs compétences. Et comme le souligne l’Evangile, « beaucoup sont appelés, mais peu seront élus ». Ceux qui occupent déjà ces postes dans les administrations ont réussi à convaincre les organisateurs des tests de recrutement, non seulement de par leur savoir-faire, mais aussi et surtout par leurs qualités morales. Etre en position de gestion des ressources publiques est une chose, faire preuve de probité au quotidien en est une autre.
L’inscription au fichier national d’admission et de nomination de cadres aux emplois de la chaîne de dépenses publiques vient donc mettre sous les feux de la rampe les cadres qui ont réussi peu ou proue à se faire établir une solide réputation sur les plans professionnel et moral. Mais, attention à ne pas tomber dans le piège. Ceux qui seront incessamment nommés devront prouver qu’ils sont capables du meilleur. Dans le feu de l’exercice de leurs fonctions, en dépit de leurs compétences, il n’est pas exclu qu’ils cèdent à la tentation de la cupidité. D’où un suivi régulier et constant quant à la performance des services qu’ils seront amenés à diriger. En faisant cette option de recrutement sur candidature, le gouvernement a voulu, dans une certaine mesure, dépolitiser l’administration. L’idée est noble. Après la sélection et les nominations, l’étape de l’évaluation n’est pas à négliger.





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