En vérité : Désastre écologique à Toho !

Angelo DOSSOUMOU 23 mai 2018

Des milliers de poissons morts empoisonnés. Des risques énormes pour l’écosystème et une activité principale paralysée. A Athiémé, sur le lac Toho, depuis quelques jours, il n’est plus gai de voguer et de pêcher. Phénomène naturel, acte d’un criminel tapi dans l’ombre ou par mégarde d’un quidam, un produit étrange a certainement contaminé les eaux d’une précieuse chaîne alimentaire. Conséquence, en un temps record, la ressource halieutique est dévastée. Sur plusieurs kilomètres, et même au-delà, l’intoxication alimentaire est plus que jamais d’actualité.
Sur un autre plan, ce sont les investissements de plusieurs années des fermiers environnants, qui, du jour au lendemain, tombent à l’eau. Sans assurance, c’est toute une vie qui s’écroule. Plus grave, et poissons morts, flottant sur le lac, et tout ce qui y a un rapport direct, constituent désormais des pièges à homme. En somme, le carnage de Toho fait froid dans le dos.
Déjà, et avant de situer les responsabilités, intéressons-nous au volet sécurité alimentaire. Car, en plus de la rareté des ressources halieutiques qui ira forcément, et ceci pour une durée à déterminer, avec le drame de Toho, il faut y ajouter la méfiance légitime du consommateur averti. Mais, que ce sera pénible la vie, sans possibilité de consommer du poisson frais, pour des Monolais qui aussi, en tirent une grande partie de leurs revenus.
Et donc, en attendant de déterminer les causes réelles du désastre, des poissons de Toho et autres, il faut d’abord s’en éloigner. Ensuite, circonscrire le mal, éviter sa propagation et l’anéantir. Ce qui veut dire, pour les populations environnantes, qu’il est préférable d’adopter d’autres habitudes alimentaires. Ç’aurait été ailleurs que ce ne serait pas un problème. Mais quand, dans cette localité, la pêche l’emporte sur toutes les autres activités primaires, si des assistances et des sensibilisations pointues ne suivent pas immédiatement, on peut sérieusement redouter la famine et des intoxications.
Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore là. Cependant, à tout moment, des poissons intoxiqués peuvent malencontreusement se retrouver dans des plats. Et si j’insiste que la possibilité existe, c’est surtout parce que des poissons morts, des autochtones en ont fait une provision. Alors, risque d’écoulement sur des marchés, risque de consommation domestique et forte éventualité que les populations concernées, se retrouvent à zéro.
En somme, le bilan macabre du lac Toho interpelle les consciences. Devant autant de pertes, et un péril sans pareil, plus besoin de dire que la situation des populations ne présage rien de bon…En tout cas, aux dernières nouvelles, une dégustation d’un tilapia douteux peut nous offrir un billet, sans retour, pour la vie éternelle.
Mais, n’allez surtout pas demander aux autorités politico-administratives avant de manger, si votre poisson cuisiné provient des lacs Toho et Ahémé ou du fleuve Couffo ou, s’il est impropre à la consommation ou pas. Attendez-vous simplement que votre conscience vous rappelle sèchement : qu’« un homme prévenu en vaut deux ». Maintenant, à qui de droit, situez-nous au plus vite et aidez les populations à définitivement évacuer la psychose et le stress du lendemain. C’est impératif et très urgent !



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