En vérité : Dettes de Voyages !

Angelo DOSSOUMOU 18 avril 2018

Une promesse est une dette et qui paie ses dettes s’enrichit. Ces axiomes, ce n’est pas à moi de les apprendre à l’argentier national. Mais, tout de même, je me permets de lui rappeler qu’il y a un an, devant l’opinion publique nationale, il a eu une posture. Rupture et factures des Agences de voyage héritées du régime défunt obligent, il s’est engagé, aussitôt les audits terminés, à s’acquitter des dettes de l’Etat. Mais jusqu’ici, malgré la fin des vérifications, au cou du ministre Romuald Wadagni, pend toujours l’ardoise des billets de voyages des officiels.
C’est dire qu’entre Wadagni et les prestataires oubliés, il y a un véritable malentendu. Sinon, en principe, un mois après l’audit des factures à polémique, la suite logique, c’est le reste du fric à débourser au profit des Agences irréprochables pour le service rendu. Sans ça, c’est tout simplement conduire les promoteurs des Agences de voyage à l’abattoir. Par ces temps qui courent, je vois mal une entreprise sevrée, pendant un an, des ressources qui lui reviennent de droit, tenir longtemps la route.

En plus, depuis la mise sur pied de la Cellule des voyages officiels et face au rigorisme ‘‘rupturien’’ à cause de la mafia des billets d’avion surfacturés, les chiffres d’affaires ont chuté. D’ailleurs, je serai surpris qu’à ce rythme, nombre d’Agences de voyage, notamment celles érigées sur des prêts en banque, ne mettent, d’ici encore quelques mois, carrément la clé sous le paillasson.
Alors, s’il en est ainsi, que veut-on à la fin ? Je suppose qu’au-delà des audits et des paiements de billets d’avion aux officiels désormais justifiés, ce qui est tout à fait normal, la Rupture n’a aucune raison de réduire à la mendicité, les promoteurs d’une filière anémiée. En tout cas, pas ceux qui ont accepté, de gaieté de cœur, d’ouvrir leurs comptes pour se faire auditer.
En définitive, l’Etat est une continuité, et il est urgent qu’enfin, Wadagni fasse la part des choses et paient, au plus vite, les Agences de voyage qui le méritent. En ce qui concerne celles qui ont été éventuellement épinglées par les audits et ont développé des pratiques peu orthodoxes, qu’il avise. Mais, faire languir, sans aucune explication et des raisons valables, des prestataires qui sont clean, il n’y a rien de plus dramatique.
A la vérité, les Béninois futés peuvent bien comprendre, qu’en raison du contexte économique difficile, la ‘‘Rupture’’ solde, à petit coup, le passif de l’équipe Yayi. Mais, pas qu’il s’en détourne totalement et délibérément. Très souvent, plus les dettes attendent, plus il est difficile de les solder. Ce n’est donc pas pour rien que les promoteurs des Agences de voyage aux factures impayées sont actuellement sur le qui-vive.
Et surtout, ne leur parlez pas d’espoir de recouvrer leurs fonds, avec le rachat de la dette intérieure de l’Etat. A trop attendre, les promoteurs des Agences de Voyage ne croient plus aux promesses de Wadagni. Et donc, à lui de savoir qu’en matière de partenariat public-privé, les actes parlent plus fort que les mots. De toute façon, pourvu qu’enfin, pour les Agences de voyage, il en soit ainsi.



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