En vérité : Difficile consensus…

Moïse DOSSOUMOU 1er avril 2019

Comme une peau de chagrin, l’espoir du consensus se rétrécit. Mais il ne faut jamais baisser les bras même lorsque tout semble perdu. A la dernière minute, in extremis, tout peut encore basculer. Si la cause en vaut la peine, si elle est bonne, il faut tout donner jusqu’au bout. Quitte à se consoler en cas d’échec d’avoir fait, de bonne foi, ce que recommandent le devoir et la conscience. Depuis un mois, l’Assemblée nationale peine à aboutir au consensus. A priori, la mission quoique délicate, confiée aux élus du peuple ne devrait pas donner lieu à tant de dilatoires et de tergiversations. Organiser des élections inclusives dans le Bénin post conférence nationale relève du naturel. De 1991 à ce jour, ça a toujours été le cas. Le vœu de tout Béninois épris de paix, de stabilité et de démocratie est que cette noble tradition soit perpétuée. Les législatives de 2019 voulues inclusives ne prêtent pas encore à la sérénité. En lice pour l’instant, les deux partis affiliés à la mouvance présidentielle.
Les autres partis recalés pour divers motifs rongent leur frein. D’autres, notamment ceux de l’opposition n’ont même pas pu manifester officiellement leur volonté de participer à ce scrutin. En cause, certaines dispositions de la charte des partis politiques et du code électoral dont l’application soulève des vagues houleuses et mugissantes. Le consensus auquel devait aboutir la Représentation nationale au bout de quelques jours seulement selon les vœux du chef de l’Etat peine à être trouvé. Les soutiens du gouvernement bien positionnés pour prendre part à ces élections haussent les enchères face aux exigences de l’opposition, fragilisée et ne pouvant prendre part à ces élections dans les conditions actuelles. En vue de lever les blocages observés, les propositions du comité paritaire présidé par Me Adrien Houngbédji en personne ont été rejetées en plénière après avoir fait l’objet de discordes en commission. Toujours à la quête de solutions, de nouvelles idées à soumettre aux députés ont été émises.
Vendredi dernier, il était attendu que la plénière se prononce à cet effet. Il n’en a été rien. N’en pouvant plus, une bonne frange de députés du Bloc de la majorité parlementaire n’ont pas pris par quatre chemins pour décréter l’échec du consensus. Dans la foulée, ils ont convié sans d’autres formes de procès les Béninois aux urnes le dimanche 28 avril prochain. Avant la clôture de la 3ème session extraordinaire de l’Assemblée nationale prévue pour ce jour, certains élus du peuple, les plus nombreux ont déjà tourné la page du dialogue. Espérons qu’ils reviennent à de meilleurs sentiments au cours de cette journée. Tout ou presque va se jouer dans les heures qui suivent. Conviés en plénière, les députés pourront rattraper la séance avortée du vendredi dernier. Si chacun d’eux fait l’effort de se tenir à distance des démons de la division, la délivrance tant espérée pourrait advenir. Et ce sera tant mieux pour la démocratie béninoise, acquise au prix de hautes luttes.
C’en est assez des tiraillements sans fin et des discussions improductives où chacun tire le drap de son côté. Comme les Cardinaux regroupés dans la chapelle Sixtine du Vatican pour procéder à l’élection d’un nouveau pape, les élus du peuple se retrouveront dans la grande salle du palais des gouverneurs pour prendre une décision sur une question grave. De la même manière que les fidèles catholiques espèrent apercevoir la fumée blanche s’échapper de la cheminée de la mythique chapelle Sixtine, c’est de cette manière que les Béninois qui veulent avoir la latitude de désigner leurs représentants dans les deux camps politiques sont dans l’expectative du consensus. L’actualité ne prête pas à tant d’espoir. Mais tout est possible. Qui sait ? La 3ème session extraordinaire de l’Assemblée nationale pourrait s’achever sur des notes de gaieté.





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