En vérité : Eclairer les axes routiers

Moïse DOSSOUMOU 23 juillet 2020

Elles sont censées disposer de l’éclairage public à leur livraison. Mais ce n’est pas toujours le cas. Des axes routiers bitumés ou pavés, définitivement réceptionnés par les maîtres d’ouvrage se trouvent plongés dans le noir dès que tombe le crépuscule. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ils deviennent des nids d’insécurité à partir d’une certaine heure. En plein jour, on s’y aventure le cœur tranquille. Mais dès que le soleil disparaît, la réalité change. Seuls les phares des véhicules qui osent emprunter ces artères font office d’éclairage public. Ces situations qui mettent en péril la sécurité des personnes et des biens durent depuis des décennies. Les pouvoirs publics, maîtres d’ouvrage par excellence, ne sont pas toujours regardants sur ce fait. Seul le revêtement compte. Les commodités ne sont pas toujours essentielles. De toutes les manières, les inaugurations se font en plein jour. Pas besoin de lampadaires pour ça.
Les infrastructures routières sont capitales dans un pays. Elles facilitent la mobilité d’autant plus que les populations sont appelées à se déplacer d’un point à un autre du territoire. La préoccupation dans les pays en voie de développement comme le Bénin est de moderniser le réseau routier. C’est ainsi que des voies en terre battue ou usées qui rendent la circulation pénible sont revêtues en fonction des ambitions des dirigeants et des moyens disponibles. Il faut dire que de plus en plus, le nombre de pistes en terre diminue au profit de celles bitumées ou pavées. Que ce soit dans les agglomérations ou en rase campagne, chaque gouvernement fait l’effort d’impacter ses mandants à travers l’érection et/ou la réfection d’infrastructures routières. A juste titre, il est souvent affirmé que « la route du développement passe par le développement de la route ».
En effet, l’aspect d’une contrée change dès qu’elle est traversée par une rue qui donne envie de circuler. Elle devient plus attrayante et une dynamique nouvelle se crée à ses abords et dans les environs. Les commerçants en profitent pour réaliser de belles affaires en mettant leurs produits mieux en évidence. La clientèle, soulagée, ne boude pas son plaisir en se déplaçant sur les lieux avec aisance. Dès que la nuit tombe, toute cette magie s’efface. Faute d’éclairage public, l’environnement devient sinistre et seuls les courageux ou encore ceux qui n’ont pas le choix osent emprunter les axes plongés dans l’obscurité. Le plus souvent, dans les dossiers d’appel d’offres, l’éclairage public est compris dans les obligations du cocontractant de l’administration. Mais à la fin des travaux, il y a des prestataires qui foulent aux pieds cette exigence sans aucune réaction de l’autorité publique. C’est ce laxisme qui est à la base des routes peu ou pas du tout éclairées.
L’axe Sèmè-Podji Porto-Novo est resté longtemps plongé dans le noir. La délivrance des conducteurs et de leurs passagers se fait toujours attendre. Les tronçons Akassato-Bohicon et Bohicon-Parakou n’échappent pas à ce constat. Dans le Mono, les voies Ouidah-Grand-Popo, Comè-Possotomè, Comè-Lokossa attendent toujours l’implantation des poteaux électriques. Idem pour les tronçons bitumés du Couffo. Dans l’Ouémé, le Plateau, le Zou, les Collines et le Septentrion, la situation est identique. Heureusement, les nouvelles routes inscrites dans le programme dit de l’asphaltage échappent à cette réalité, car elles sont toutes situées en agglomérations. Il urge que les pouvoirs publics s’activent pour changer la donne en rase campagne. Puisque la production de l’électricité conventionnelle ne suffit pas pour satisfaire les besoins, les lampadaires solaires actuellement en vogue sont une solution parmi tant d’autres. Au nom de la sécurité des usagers de la route, il faut s’attaquer à ce chantier.





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