En vérité : En mode « investiture »

Moïse DOSSOUMOU 27 juin 2019

Pour lui, le grand jour est arrivé. Cette date restera à jamais gravée dans sa mémoire. Désormais deuxième personnalité de l’Etat, il rentre dans la plénitude de ses fonctions. Louis Vlavonou, président de l’Assemblée nationale, prend réellement les commandes de l’institution parlementaire. Elu le 17 mai dernier juste au lendemain de l’installation de la 8ème législature, celui qui est à l’honneur aujourd’hui était loin d’imaginer qu’il occuperait le perchoir. Aujourd’hui, c’est chose faite. Louis Vlavonou qui est à sa 4ème législature prend les rênes du parlement dans un contexte délicat. Cette législature, la 8ème, est plutôt atypique. Les législatives dont elle procède n’ont mis aux prises que deux partis politiques, fraîchement créés et qui clament leur appartenance à la mouvance présidentielle. L’opposition qui n’a pu compétir à ce scrutin voit d’un mauvais œil les 83 députés qui ont pris fonction sous haute surveillance militaire.
Depuis, la tension n’a cessé de monter avec les événements douloureux que l’on sait. Mettre à profit le calme retrouvé pour incruster dans les esprits les réflexes et actes en faveur de la paix, tel doit être la posture de ceux qui nous dirigent, les députés en premier. « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever les défenses de la paix », enseigne le préambule de l’acte constitutif de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco). Voilà le gros défi que les pouvoirs publics sont appelés à relever dans les meilleurs délais. Ce qui nous arrive ne nous ressemble pas. Attelons-nous à corriger ce qui peut l’être et le plus tôt serait le mieux. Sur ce plan, Louis Vlavonou gagnerait à être un artisan de paix. il saura quels leviers actionner pour jouer au mieux sa partition.
Le 20 mai dernier, lorsqu’il s’adressait à la nation au terme de ces élections controversées, Patrice Talon a émis le vœu que cette législature joue son rôle avec panache. Pour décrisper un tant soit peu l’atmosphère politique, le chef de l’Etat a aussi souhaité que la charte des partis politiques et le code électoral par lesquels le scandale est arrivé soient toilettés. Maintenant qu’ils sont confortablement installés, les députés, à la mesure de leurs « exploits », démontreront de quelle étoffe ils sont faits. Ils seront appréciés à l’aune de la qualité de leurs productions législatives et de leur penchant ou non pour le contrôle de l’action du gouvernement. La balle est dans leur camp. Plus encore, il est du ressort de Louis Vlavonou de peser de tout son poids dans l’exécution des missions du parlement. Son implication active dans l’instauration et l’aboutissement du dialogue politique tant espéré est encore plus attendue.
Nul doute que son discours qui sera prononcé dans quelques heures prendra en compte tous ces aspects. Dès son élection au perchoir, il avait déjà tracé les grandes lignes de cette législature. « Je prends les rênes de la huitième législature dans un contexte assez spécial…en ce que l’issue du processus électoral d’avril dernier laisse un arrière-goût à une certaine frange de notre peuple. Contexte spécial en ce que la peur habite encore certains d’entre nous. Non pas la peur liée à la sécurité et à l’intégrité physique, mais celle de ne pouvoir pas remplir correctement la mission et à donner satisfaction au peuple. Contexte spécial enfin en ce que les défis sont grands et assez importants… Nos délibérations doivent nous rendre témoignage à travers des lois de bonne facture et un contrôle régulier de l’action gouvernementale ». Au-delà des mots et des déclarations d’intentions, il faut passer à l’acte.



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