En vérité : Enfin, la passerelle anglaise !

Angelo DOSSOUMOU 7 août 2017

Elle se faisait désirer. Depuis pas mal d’années, à cause de notre proximité avec le Nigeria, des érudits l’avaient conditionnée à notre développement. A la présidentielle de 2016, plusieurs candidats en avaient même fait leur priorité et au peuple l’avaient promis s’ils étaient élus. A présent, tout ce beau monde peut se frotter les mains. Leur vœu est presque exaucé. Enfin, le pas décisif pour l’étude de la langue anglaise dès le primaire est posé ! Et oui, au dernier conseil des ministres et, il faut s’en féliciter, il a été décidé, pour la rentrée scolaire 2017-2018, d’une phase pilote et à titre exceptionnel, de l’introduction des cours d’anglais dans l’enseignement primaire.
Mais, avant septembre prochain, intéressons-nous déjà aux dispositions administratives, académiques et logistiques à envisager par les gouvernants. Très clair qu’à un mois de la prochaine rentrée, il faut au mieux régler certains préalables. En priorité, pour la mise en œuvre effective du projet, le défi des ressources humaines doit être relevé. Et s’il est quasi impossible de former, en un temps record, des instituteurs capables d’enseigner l’Anglais, cela suppose qu’il faut recruter des compétences. Relation de cause à effet, il faut aussi prévoir une rallonge du budget prévisionnel pour le secteur de l’éducation. C’est dire que si l’Anglais est l’outil indispensable aux Béninois d’aujourd’hui pour affronter les défis d’intégration de demain, il faut en payer le prix et miser gros.
D’ailleurs, la décision du conseil des ministres vient rétablir un équilibre entre les apprenants déshérités et certains de leurs camarades privilégiés. En fait, avant le conseil des ministres, des initiatives, dans ce sens, ont fleuri dans des établissements privés. Maintenant, au plan national et certainement après la phase pilote, tous les enfants à l’école, seront à l’heure anglaise. Une généralisation qui, sans doute, donnera au Bénin à l’international, une nouvelle dimension. Avant nous, le Rwanda l’a fait. Le Gabon aussi s’y essaie. L’Anglais, c’est la langue passe-partout. Seuls, ceux qui ne sont pas sortis du Bénin, ne se rendent pas compte que sans sa maîtrise, des portes vous sont fermées au nez.
Alors, mieux que l’introduction d’un cours dans un programme scolaire, la pratique de l’Anglais doit être généralisée au Bénin au point, et j’exagère à peine, de l’imposer comme une deuxième langue nationale. Et pour ça, il faut une profonde réflexion en vue de poser les balises pour l’émergence d’une nation avec une nouvelle race de Béninois au fort accent anglais. C’est une condition sine qua non pour que la vision qui sous-tend l’introduction de l’étude de l’Anglais au primaire ne soit pas un flop.
Maintenant que la révolution « Anglais à l’école » est en marche, il ne reste aux parents qu’à se mettre au diapason de leurs enfants pour ne pas être laissés à la traîne. Et au Bénin de retrouver une place de choix aux côtés du grand voisin de l’Est et des pays du Commonwealth. Ce n’est pas gagné d’avance. Mais, c’est une plongée qui brisera pas mal de frontières et comme le disent les Anglais : we can do it !



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