En vérité : Enfin reçu par Macron !

Angelo DOSSOUMOU 6 mars 2018

Ce n’est pas sa première visite à l’Elysée. Mais, c’est sa première rencontre officielle avec Macron. Dans l’Hexagone depuis quelques heures, le président Patrice Talon peut enfin se targuer d’une visite officielle de travail avec le nouvel homme fort de la France. Pour des érudits, ça n’a peut-être rien d’exceptionnel mais, au pays des spéculations, c’est tout un symbole. Retenons qu’hier, Talon, pseudo paria de la France et de Macron pour les détracteurs, était bel et bien à l’Elysée. Les aveugles ont vu. Les sourds ont entendu. La coopération entre Etats va au-delà des ressentiments.
On ne le dira jamais assez. Au-dessus des humeurs, il y a des intérêts. Et au menu de la rencontre au sommet à Paris, ce sont ceux du Bénin qui priment. D’abord, ils se dessinent sur le plan historique et touristique. Depuis peu, toute la planète en sait quelque chose. De longues dates, c’était même une question d’honneur. Au risque que nos œuvres d’art, illégalement gardées dans les musées de la France, continuent de hanter le repos éternel de nos aïeux, elles doivent regagner la terre natale. Ce n’était point un secret pour Hollande et son gouvernement. Pourtant, ils s’y étaient farouchement opposés.
Mais, la vérité d’hier n’est pas toujours celle d’aujourd’hui. Et quand les hommes changent, très souvent, c’est avec les convictions. En un mot, Hollande, ce n’est pas Macron. On peut le comprendre, l’un est farouchement opposé à un retour de notre patrimoine culturel. L’autre n’y trouve pas d’inconvénients et en plus, a récemment fait à Ouagadougou, des promesses dans ce sens. Alors, à force d’insister avec l’actuel locataire de l’Elysée, le Bénin tient assurément le bon bout.
Et, ce n’est pas tout. Pour ceux qui aiment du concret, de Paris, ils peuvent être rassurés, Patrice Talon ne revient pas bredouille. Déjà, sur le plan du partenariat économique, dans la cagnotte, ce sont 17,5 millions d’Euros qui seront mobilisés pour la construction d’un centre hospitalier à Abomey-Calavi. Très récemment, les Béninois s’inquiétaient de l’éventualité de l’interdiction des évacuations sanitaires. Si le prochain hôpital d’Abomey-Calavi, financé par la France, est bien équipé, un grand pas pour atteindre l’objectif escompté aurait été franchi.
Aussi, fidèle à sa lutte pour la préservation de l’environnement, la France, à travers l’Afd, s’engage avec 58 millions d’Euros à accompagner le programme ambitieux sur la ville durable. Ainsi, grâce à ce financement, Cotonou et trois autres villes du Bénin seront aptes à s’adapter aux changements climatiques. Dans la même dynamique, de sa visite à Paris, Patrice Talon a arraché, pour la cité lacustre de Ganvié, un financement de 43 millions d’Euros pour son réaménagement. Et pour parachever cette première et fructueuse visite de travail avec Macron, l’Afd soutiendra des projets liés à l’éducation et à la formation au Bénin.
Si avec tout ça, il y a encore à redire sur la solidité du partenariat franco-béninois, ce ne serait purement et simplement que de la médisance. Avis aux pêcheurs en eaux troubles : les hommes passent, les intérêts entre les Etats demeurent. Talon et Macron l’ont compris, et c’est tant mieux !



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