En vérité : Enorme responsabilité pour Luc

Moïse DOSSOUMOU 8 juin 2020

La métropole a un nouveau maire. Deux ans après la révocation de l’ex titulaire du poste, Cotonou a un nouveau patron. L’heureux élu n’est pas un inconnu au bataillon. Luc Atrokpo, un habitué de la fonction est appelé à faire ses preuves dans la plus grande commune du Bénin. A Bohicon, 13 années durant, il a eu le temps d’apprendre. Premier adjoint au maire de cette localité en 2003, il a été propulsé à la tête de l’hôtel de ville quatre ans plus tard. Depuis lors, il a maintenu cette position. Son transfert et son élection à Cotonou sonnent comme une grosse promotion. En effet, dans notre contexte, la réélection d’un maire n’a jamais été évidente. Plus encore, quand il prend le pari osé de changer de territoire de commandement. Ça, Luc Atrokpo l’a fait. A ce jour, il est le seul dans la jeune histoire de la décentralisation au Bénin à avoir réalisé cet exploit.
L’Union progressiste a voulu qu’un de ses membres les plus en vue prenne le contrôle de la métropole. C’est chose faite à présent. Sa désignation à la tête de la municipalité de Cotonou consécutive à la récente relecture du code électoral est passée comme une lettre à la poste. Le temps des négociations et des intrigues est donc passé. L’heure de l’action a sonné. Que propose le nouvel élu aux Cotonoises et Cotonois ? Quelques instants après son plébiscite, le nouveau maire s’est voulu rassurant. « Nous avons le défi de travailler à une ville de Cotonou attrayante. Nous allons travailler pour que comme un seul homme, nous puissions aller au-devant des préoccupations des Cotonois qui ont confiance en l’équipe ». Au-delà des mots, Luc Atrokpo sait mieux que quiconque qu’il pèse sur ses épaules une grosse responsabilité. Puisque c’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artisan, il est astreint à une obligation de résultats.
Le premier chantier sur lequel le nouveau maire est appelé à faire ses preuves, c’est celui de la cohésion et de l’accompagnement du collège des conseillers. Propulsé à la tête de la municipalité sans l’onction de ses pairs membres de l’organe délibérant, le maire devra manœuvrer pour rassurer les uns et les autres quant à sa volonté d’agir pour le bien de tous. En effet, le maire ne décide pas et n’agit pas seul. Ses prérogatives consistent à mettre en exécution les délibérations du conseil municipal. Cela va sans dire que sans l’aval du conseil municipal, il ne pourra pas faire grand-chose. Qu’il s’agisse des conseillers élus sur la liste de son parti ou des autres formations politiques, Luc Atrokpo a les cartes en main pour les rassurer et les inciter à collaborer avec lui. C’est un préalable à régler en urgence. S’il y parvient, il lui faudra maintenir cette cohésion de groupe durant tout le mandat afin de ne pas voir ses initiatives bloquées du fait des intrigues politiques.
Le défi de la performance de l’administration municipale s’impose également au nouveau maire. C’est à lui de mettre au pas les cadres et agents placés sous ses ordres. La déclinaison en actions des délibérations du conseil municipal est du ressort du personnel de la mairie. Il va de soi que ce personnel soit non seulement dynamique mais aussi professionnel. C’est la combinaison de ces éléments qui fera progressivement conjuguer au passé les affres des inondations. C’est la synergie d’actions qui va redonner de l’espoir aux femmes et aux jeunes qui rêvent non seulement d’un mieux-être mais aussi d’un environnement salubre et attrayant. Quand il prendra service dans quelques jours, Luc Atrokpo va décliner ses ambitions pour la ville. Mais il sait déjà qu’il ne peut se donner le luxe d’échouer. Cotonou est un gros morceau et les attentes sont énormes. Le président de l’Association nationale des communes du Bénin ne peut rêver mieux.





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