En vérité : Exit le cumul !

Angelo DOSSOUMOU 7 mars 2018

Pas de répit et pas de laxisme. En dépit de la conjoncture sociale peu favorable, la Rupture accouche toujours de ses réformes. Douloureuses, impopulaires, peu importe…elles tombent pour que s’accomplisse l’inédit. Finalité des finalités, l’efficacité et une totale disponibilité au service de la Nation. Et donc, à l’ère du Nouveau départ, la sentence est claire : pas de cumul de fonctions administratives et de responsabilités syndicales.
Et pour remettre les choses à l’endroit, 30 jours, c’est le délai de grâce accordé, dans sa correspondance en date du 5 Mars 2018, par le ministre Salimane Karimou aux responsables concernés pour faire un choix. Plus intéressant et, on ne le sait que bien, toutes les nominations à un poste de responsabilité seront désormais soumises à la condition de non cumul avec une charge syndicale.
Ces résolutions sont, à tout point de vu, pertinentes. Déjà, des fonctionnaires de renom, dès leur promotion à des postes stratégiques, n’ont pas hésité à déposer le tablier syndical. Jadis, Jacques Ayadji, par exemple faisaient feu de tout bois pour défendre ses syndiqués. Mais depuis qu’il est casé, il s’est déchargé du syndicalisme et s’occupe à plein temps de ses fonctions administratives.
Voilà, en principe, ce qui doit être et ce qui pourrait justifier que les ministres des enseignements, exigent de certains responsables syndicaux concernés par le cumul, de ne plus tergiverser. Mais, au vu du contexte de grèves perlées, on ne peut s’empêcher de voir un lien suspect entre la réforme pertinente, dans le secteur éducatif, et une décision punitive.
D’ailleurs, reconnaissons que les activités syndicales d’un responsable en poste peuvent être un frein au bon fonctionnement de l’administration. D’abord, forcément, ce cumul a un impact sur la célérité du traitement des dossiers. Ensuite, occuper un poste stratégique est une marque de confiance. Tout ceci suppose, un dévouement et une disponibilité à toute épreuve. Alors, si les ministres des enseignements trouvent que le cumul ne participe pas à la bonne marche des structures, personne ne peut leur en vouloir de trancher dans le vif.
Mieux, administratif ou syndicaliste, il me plait que cette restriction s’élargisse à tous les départements ministériels. Et si possible, pourquoi ne pas définitivement sonner le glas du cumul des postes politiques et des charges administratives ? Juste pour des cours qu’il a continué à donner à ses étudiants, le ministre Joseph Djogbénou, n’a pas échappé à la fatwa de la Cour constitutionnelle. Sauf que jusqu’ici, être conseiller communal et occuper un poste de responsabilité au sein de l’administration publique n’embarrasse personne. Là aussi, c’est un cumul, sans doute, autant préjudiciable au bon fonctionnement des activités administratives que celui avec le syndicalisme.
En définitive, il serait injuste d’assister à ce que d’aucuns pourraient qualifier de ‘‘deux poids, deux mesures’’. Soit, il n’est plus catégoriquement question de cumul, soit, latitude sera donnée aux détracteurs de la Rupture, d’indexer une mesure conjoncturelle. Seulement, en mon ultime conviction, qui trop embrasse mal étreint. Et, qui mal étreint les dossiers administratifs, les étouffe et plonge le pays dans le gouffre. Avant qu’il ne soit trop tard, il faut que le handicap cumul cesse et qu’enfin, chacun joue sa partition !



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