En vérité : Faire bloc contre le Covid

Moïse DOSSOUMOU 7 avril 2020

Il n’a pas eu le temps de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. En temps normal, il était censé être dans la ferveur de la célébration de l’an 4 de son accession à la magistrature suprême. Hier, lundi 6 avril 2020, Patrice Talon n’avait pas le cœur à revisiter les petites années qu’il a passées à la tête de l’Etat. Le Covid-19 qui a mis à genoux les grands de ce monde est passé par là. Coïncidence pour coïncidence, le Bénin a enregistré ces dernières heures son premier décès lié à cette pandémie. La victime, une dame âgée de 43 ans pouvait encore espérer vivre de belles années avant de s’éteindre. Mais le fléau du moment en a décidé autrement. Le dépistage tardif a eu raison d’elle. Son nom s’ajoute ainsi au décompte macabre à l’actif de ce virus qui détruit tout ou presque tout sur son passage.
Avec ce décès, la donne change radicalement au Bénin. Depuis le 16 mars dernier où le coronavirus a été détecté sur le territoire national, les cas recensés suivent régulièrement un traitement avec des résultats satisfaisants. Lentement, mais sûrement, les guérisons s’enchaînaient pour le bonheur du plus grand nombre. C’était bon pour le moral de savoir que des personnes infectées réussissent à se tirer d’affaire. Hélas, il fallait que la mort s’en mêle. Les quelques cas de contaminations en communauté au plan local qui ont été dépistés annoncent des jours difficiles pour les populations. Il faut le dire sans cesse afin que les incrédules et les négligents en matière d’hygiène en soient convaincus. La maladie dite Covid-19 existe bel et bien. Et ce n’est pas qu’en Occident. Chez nous, des gens en souffrent. Il vaut mieux intégrer cette vérité et se prémunir contre ce mal. Certes, on en guérit, mais c’est encore mieux de ne pas être infecté.
D’habitude serein et sûr de lui, Patrice Talon, mesure mieux que quiconque l’ampleur du drame qui pourrait nous frapper de plein fouet si nous n’y prenons garde. C’est à juste titre qu’il a martelé sur sa page facebook que « la situation est grave ». Il appelle ainsi au respect des mesures d’hygiène et des consignes officielles. On ne le rappellera jamais assez. Le lavage régulier des mains à l’eau et au savon, le respect de la distanciation sociale ne sont pas de vaines exhortations. Il faut s’y conformer. Tousser et/ou éternuer dans le coude ou dans un mouchoir jetable s’imposent également à tous. Il en est de même du port du masque. D’ailleurs, à partir de demain, mercredi 8 avril, et jusqu’à nouvel ordre, dans les douze communes qui composent le cordon sanitaire, le port du masque sera obligatoire pour chacun et pour tous. Ainsi en a décidé le gouvernement qui corse encore l’addition.
En insistant sur le fait que le coronavirus existe effectivement au Bénin, Patrice Talon attend de ses mandants qu’ils s’approprient les gestes barrières. Convaincu que la victoire sur ce mal dépend exclusivement des comportements qui seront les nôtres, le chef de l’Etat en appelle à la prise de conscience de tous. Dans le cas d’espèce, le salut ne dépend pas forcément des mesures gouvernementales. Bien que pertinentes, elles ont leurs limites. Le salut tant souhaité viendra beaucoup plus de la bonne attitude qu’adopteront les populations. Notre sociologie qui prête beaucoup plus à une forte sociabilité et au réchauffement des liens ne prêche pas en notre faveur. N’empêche ! « Aux grands maux, les grands remèdes ». Ce virus ne fait pas de discrimination entre riches et pauvres. Comme l’a si bien dit Patrice Talon, « Notre survie individuelle et collective est entre nos mains ».





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