En vérité : Fcbe : réconciliation bis

Moïse DOSSOUMOU 3 mars 2020

Il joue à se faire peur. Le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) n’est pas au mieux de sa forme. Depuis sa création en février 2018 à Parakou, cette formation politique dite de l’opposition a soufflé le chaud et le froid. La réforme du système partisan intervenue au cours du second semestre de 2018 a chamboulé la trajectoire de ce creuset politique nourri par le charisme de Boni Yayi, ancien président de la République. Depuis lors, tout est allé sens dessus dessous. Les législatives d’avril 2019, censées être le début d’une aventure politique palpitante ont plutôt été vécues comme un cauchemar par les militants et responsables du parti, parce que n’ayant pas pu réunir les conditions pour y participer. Subitement, du jour au lendemain, le fameux sésame qui manquait à la sauce a été obtenu par un groupe de ténors du parti dans des conditions inconnues du grand public.
S’en est suivie une autre période de guerre froide marquée par de profondes divergences internes. Appelé à la rescousse, Boni Yayi croyait avoir sauvé les meubles au terme de multiples séances de réconciliation. Peine perdue. L’accalmie n’a duré que le temps d’un feu de paille. En reprenant les armes, les deux camps rivaux se sont alors affrontés au moyen de déclarations et de contre déclarations. La tension était si poussée que Boni Yayi, épargné jusque-là par les attaques, en a eu pour son grade. Au fur et à mesure que l’échéance du 17 mai approche, les signaux des ressentiments et de la division envoyés par les deux ailes protagonistes ne présageaient pas d’une participation du parti à ce scrutin. Il a fallu attendre la veille du lancement de la phase de dépôt des candidatures à la Commission électorale nationale autonome (Cena) pour que les choses bougent enfin.
Le collège des sages et notables de Parakou, préoccupé par la situation, a décidé de prendre les devants. Le samedi 29 février dernier, une réunion ayant pour objectif de juguler définitivement la crise, s’est tenue en présence des protagonistes. Trois résolutions essentielles ont sanctionné cette rencontre. Primo, le parti participera au scrutin du 17 mai 2020 dans un esprit unifié pour une victoire probante et écrasante. Secundo, les dossiers de candidature seront gérés, centralisés, et les listes établies selon un dispositif organisationnel convenu par les deux parties. Tertio, le congrès extraordinaire qui divise se tiendra deux semaines après l’installation des prochains conseils municipaux et communaux. Visiblement, l’issue a été fructueuse. Et les propos attribués aux deux camps rivaux au lendemain de cette séance indiquent que les lignes ont bougé. Dans les prochains jours, restitution sera faite à Boni Yayi, qui demeure quoi qu’on dise, le leader naturel de ce parti politique.
3630. c’est le nombre de dossiers qui seront déposés à la Cena par chaque formation politique. Fcbe n’échappera pas à cette exigence si la décision d’aller aux élections qui s’annoncent est prise et acceptée par tous. C’est le moment où jamais de mettre le pied sur l’accélérateur. Les querelles fratricides ont fait perdre du temps aux uns et aux autres. Que dire du moral des probables candidats et même des militants qui ont besoin d’être rassurés afin de se mobiliser pour sortir victorieux de cette élection ? Si Boni Yayi a échoué dans sa tentative de réconciliation, peut-être que les sages de Parakou ont assuré. En apparence, tout porte à le croire. Au soir du 11 mars, lorsque la Cena aura clôturé la phase du dépôt des dossiers de candidature ouverte hier, l’opinion sera située quant à la volonté des cadres du parti de mettre ou non leur guéguerre entre parenthèses, le temps d’une élection.





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