En vérité : Heureuse décision !

Moïse DOSSOUMOU 24 septembre 2018

Ils sont aux anges. Les internautes savourent leur victoire. En toute légitimité, ils peuvent s’estimer heureux d’avoir fait fléchir l’autorité. En quelques heures, ils sont passés d’une extrême à l’autre. Pendant cinq jours, soit du 19 au 23 septembre, les utilisateurs de la toile ont bu le calice de la taxation jusqu’à la lie. Eux qui étaient habitués à des tarifs plus ou moins abordables ont été, du jour au lendemain, pris de court. Signé le 25 juillet 2018, le décret portant introduction d’une contribution sur la consommation des services de communications électroniques fournis par les réseaux ouverts au public en République du Bénin, entrait en application. La note particulièrement salée pour les consommateurs a suscité une levée de boucliers inédite. Dans un mouvement d’ensemble, les Béninois utilisateurs de ce service se sont soulevés contre ce décret qui avait tout l’air d’une décision liberticide. Fort heureusement, elle a été rapportée.
La campagne « Taxe pas mes Mo » enclenchée par une poignée de personnes connut un franc succès. Spontanément, les animateurs des réseaux sociaux ont repris à leur compte ce slogan. L’écho de ce mouvement de protestation fut si fort qu’il est parvenu aux oreilles du chef de l’Etat. Sans plus attendre, ce dernier a initié une rencontre au palais de la République samedi dernier pour faire le point de l’application de ce décret qui ne cesse de faire des vagues. La séance qui s’est déroulée en présence des ministres des finances et de l’économie numérique, des opérateurs GSM et les membres de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep), a accouché d’une bonne nouvelle. Le fameux décret du 25 juillet 2018 a été purement et simplement annulée. Les anciens tarifs seront de nouveau appliqués à partir de ce jour, lundi 24 septembre. Ce fut la délivrance.
En agissant tel qu’il l’a fait, Patrice Talon a rectifié son erreur. En tant que chef de l’Etat, il a la prérogative de la décision et de l’action. Si malencontreusement, comme ce fut le cas sur ce dossier, il en arrive à se tromper, quoi de plus simple que de reconnaître ses torts et de faire marche arrière. Il est vrai que la pression populaire a pesé pour beaucoup dans cette volte-face spectaculaire. Depuis son investiture à la tête de l’Etat, Patrice Talon a donné le signal en mettant sa gouvernance sous le signe de la fermeté. A plusieurs reprises, alors que des langues prédisaient qu’il reviendrait sur ses pas, il n’a pas dévié de sa trajectoire. Voilà qu’aujourd’hui, compte tenu de plusieurs paramètres, il n’a pas forcé. C’est une attitude qui prouve qu’il est à l’écoute du peuple béninois. Tout le monde n’a pas l’humilité nécessaire pour reconnaître ses torts.
Pour s’assurer que les prochaines mesures qui seront prises dans le secteur recueilleront l’assentiment du plus grand nombre, il a été décidé qu’un « comité sera mis en place pour définir, ensemble avec les Opérateurs GSM, les Associations de consommateurs et les autres parties prenantes, les mesures appropriées aux fins de mettre en cohérence le système de tarification du secteur avec les nouveaux usages et technologies numériques ; de poursuivre les efforts de réduction de la fracture numérique à travers des investissements dans l’économie numérique ; d’accroître la contribution du secteur du numérique à la croissance économique ». Dans la foulée, le gouvernement réaffirme sa vision de faire du secteur de l’économie numérique, un vecteur de développement et de croissance de l’économie béninoise. Bénéficiant de la confiance du chef de l’Etat, Aurelie Adam Soulé Zoumarou a toujours les manettes en main pour conduire cette politique. Il lui appartient de prouver davantage à travers ses actes que la jeunesse est capable du meilleur.





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