En vérité : L’embellie agricole

Moïse DOSSOUMOU 31 juillet 2019

Bonne nouvelle pour les producteurs ! Les produits vivriers connaissent une hausse importante. A en croire l’Institut de la statistique et de l’analyse économique (Insae), le premier trimestre de l’année en cours a donné de bons résultats. Les chiffres sont plutôt intéressants. 31,68%, c’est la hausse qu’ont connu ces produits de première nécessité. Le bulletin trimestriel de l’Indice des Prix à la Production des Produits Agricoles Vivriers (IPPPAV) de l’Insae a livré l’information et ce résultat est plutôt flatteur pour le monde paysan. Cette performance tire sa source des hausses enregistrées au niveau des indices des cultures maraîchères (73,27%), des racines et tubercules (47%) puis des légumineuses (4,85%). Dans l’ensemble, les paysans ont assuré et le marché peut disposer de produits abondants. Les ménages peuvent donc se ravitailler sans crainte à des prix plus ou moins raisonnables, étant entendu qu’un produit prend souvent de la valeur quand il devient rare.
Si la production connaît une hausse, il va sans dire que la cherté des prix ne saurait être d’actualité, à moins que d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Le coût relativement élevé de certaines denrées n’est donc pas liée à une baisse de la production vivrière. Les raisons sont à rechercher ailleurs. Pour revenir au monde agricole, si les producteurs des produits vivriers peuvent avoir le sourire, ce n’est pas le cas chez leurs homologues spécialisés dans les céréales. Eux, sont en droit de faire grise mine. Du quatrième trimestre 2018 au premier trimestre 2019, l’indice des prix à la production des céréales s’est établi à 77,68% présentant ainsi une baisse de 21,58% en variation trimestrielle. Le maïs et le riz avec des diminutions respectives de 34,88% et 17,55% ont favorisé cette situation. Mais cela n’a pas vraiment eu une forte incidence sur les prix de cession au grand bonheur des consommateurs.
« A des degrés divers, l’accès aux marchés pour l’approvisionnement des céréales a été favorable aux consommateurs grâce à une importante mise en vente des denrées sur les marchés entre ces deux derniers trimestres comme entre le premier trimestre 2018 et le 1er trimestre 2019 ». Autant dire que les producteurs n’ont pas été lésés. Les consommateurs non plus. Les deux forment une belle paire et sont appelés à se soutenir mutuellement pour l’équilibre des rapports. Pour ce qui est des produits fruitiers, il est noté une hausse des prix du citron et des oranges respectivement de 26,94% et de 5,64%. De même, à l’exception du prix de l’ananas qui a connu une baisse de 11,8% en glissement annuel, les prix des autres produits fruitiers sont également en hausse. Cela peut se comprendre, car selon la saison, les fruits prisés ne se cèdent qu’après de rudes et interminables marchandages.
Avec ce tableau dressé par l’Insae, on se rend aisément compte que le Bénin n’est pas sujet à une crise alimentaire. La plupart du temps, les productions vivrières et céréalières suffisent pour la consommation nationale. Hormis des saisons de l’année où des produits sont presque inaccessibles pour certaines bourses, la plupart du temps, les ménages peuvent s’offrir de quoi subsister. 59 ans après l’indépendance, il est temps que le Bénin, compte tenu de la richesse de son sol, prenne la décision de produire suffisamment et surtout en qualité. Le surplus sera destiné à l’exportation. C’est curieux et inacceptable qu’un pays enclavé comme le Burkina-Faso qui n’a pas les meilleures terres fertiles de la sous-région vendent des fruits et de la tomate au Bénin. Avec la volonté politique, le Bénin sera d’ici peu en droit de s’affirmer sur ce plan. Il suffit de décider. Les actes suivront.





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