En vérité : L’étonnant silence du Prd !

Moïse DOSSOUMOU 14 août 2018

C’est imparable. Les dés sont jetés. En attendant sa promulgation, la nouvelle charte des partis politiques récemment votée instaure des temps nouveaux dans l’arène politique. Sous l’égide du chef de l’Etat, les députés du Bloc de la majorité parlementaire et le reste du personnel politique qui soutient les actions du gouvernement, ont reçu un cahier de charges bien précis. Il leur a été demandé de mettre une croix sur leurs formations politiques d’origine et de constituer de grands partis politiques sur la base de certaines affinités. C’est ainsi qu’il a été annoncé la création de trois grands blocs qui naitront sur les cendres des mille et une formations politiques affiliées à la mouvance présidentielle. Un quatrième est venu se greffer à la liste. Mais jusque-là, ce n’est qu’un effet d’annonce. Par contre, les deux premiers à savoir le « Bloc progressiste » et la « Dynamique unitaire » ont déjà donné des signes de vie.
Le troisième se fait toujours désirer. Devant se former sous le leadership du parti du renouveau démocratique (Prd), ce nouveau parti semble avoir du plomb dans l’aile. Pour sa part, l’Union fait la nation a réussi le pari de fédérer autour d’elle des partis et mouvements de partis pour qu’ensemble, ils forment une seule et même famille politique. Idem pour le groupe dit « Dynamique unitaire » dont la plupart des leaders proviennent de la partie septentrionale du pays. Il ne reste plus que le parti arc-en-ciel ratisse large avec les partenaires politiques de son choix pour qu’enfin le troisième bloc soit porté à la connaissance du public. A moins de huit mois des prochaines élections, c’est plutôt le statu quo. Contrairement aux autres soutiens du chef de l’Etat, Me Adrien Houngbédji ne semble pas pressé de s’inscrire dans la dynamique de la réforme du système partisan. Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette nonchalance qui perdure ?
En tant que président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji devrait donner l’exemple pour motiver davantage ceux qui sont à la traîne. Le 15 juin 2015, alors qu’il était investi pour la troisième fois, à la tête de la Représentation nationale, il avait expressément invité ses pairs à adhérer à cette réforme capitale. « Je veux proclamer ici l’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie de notre système partisan. Aboutir à un nombre très réduit de partis politiques au lieu des deux cents actuellement dénombrés. Les construire autour d’un projet de société. Instaurer en leur sein des règles efficaces d’alternance. Assurer un financement public conséquent de leurs activités, assorti d’un contrôle non moins public. Interdire la transhumance. Le tout pour permettre aux partis d’être de vrais socles qui jouent efficacement leur rôle dans l’animation de la vie politique et dans la conquête du pouvoir d’Etat. Sans une réforme d’envergure, le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais ».
Après avoir tenu un tel discours au cours d’une manifestation solennelle et officielle, il était attendu de sa part qu’il prenne le taureau par les cornes. Un grand pas a été effectué sous sa présidence avec le vote de la nouvelle charte des partis politiques. Tout ce qui lui reste à présent, c’est de s’y conformer. Très attaché à son parti, Me Adrien Houngbédji négocie sans doute le fait que cette appellation demeure après la fusion avec les autres formations politiques. Il se susurre également qu’il serait disposé à faire cavalier seul comme il l’a toujours fait, hormis l’exception de 2011. Jusqu’à preuve du contraire, le Prd est membre à part entière de la mouvance présidentielle. A ce titre, il se doit de rester dans la même dynamique de groupe que tout le monde. Mais, quel que soit le choix qui sera le sien, il a intérêt à ratisser large pour survivre politiquement.



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