En vérité : L’utile réforme intellectuelle !

Angelo DOSSOUMOU 17 janvier 2018

Juste deux mots pour tout dire. Un concept qui en rappelle d’autres : « Réforme intellectuelle ! ». Voilà, pour remettre le Bénin sur orbite, la nouvelle trouvaille de Talon. Réformes structurelles mais surtout réforme intellectuelle et morale. Aux Béninois, la révolution, le changement et la refondation n’ont pas survécu. Morts de leur plus belle mort à cause des agissements de ceux-là même que le regretté Général Mathieu Kérékou qualifiait d’intellectuels tarés. Evidemment, ils sont tellement intelligents mais, en définitive, ce sont des godillots utiles à rien pour le développement de la nation.
A part discourir dans le vide, s’emplir les poches au détriment des caisses de l’Etat, ces griots des temps modernes, en 58 ans d’indépendance, ne nous ont fait que tourner en rond. Des générations de décideurs béninois sont passées mais, les mauvaises habitudes continuent d’avoir la peau dure.
Cette fois-ci, Talon est décidé à inverser la tendance. L’engagement en ce début de nouvel an, devant les institutions de la République, est solennel. Certes, qui dit réforme intellectuelle pense d’abord à notre mentalité. Je ne donnerai pas raison à Donald Trump mais, faisons en sorte à ne pas faire passer l’Africain et le Béninois aux yeux du monde pour des cancres. Bons pour se servir sur le dos du peuple, paresser et s’amuser. L’image est peut-être surréaliste. Seulement, elle n’en est vraiment pas loin.
Sinon, qu’ont les Chinois et les Dragons de l’Asie de plus que nous qui continuons à quémander des miettes pour notre développement ? Qu’avons-nous fait tout ce temps pour être incapables de compter sur nos propres forces ? Les présidents Houngbédji et Talon ont vu juste. Sur tous les plans, le Bénin a besoin de réformes. Non seulement pour qu’à tous les niveaux, la gouvernance soit irréprochable mais aussi pour rendre notre espace économique et social compétitif.
Forcément, en amont, il y a l’indispensable réforme intellectuelle. Un Etat fort pour inspirer confiance aux investisseurs étrangers et aux Partenaires techniques et financiers. En aval, c’est sans doute, l’électricité, l’eau pour tous, plus d’infrastructures routières et le Bénin radieux qu’on lèguera à nos enfants.
Mais avant, c’est certainement des gémissements et la douleur de l’enfantement du bébé « Bénin révélé ». En définitive, tant que nos intellectuels hypocrites ne se mettront pas à l’idée que les présidents passent mais que seul le Bénin ne passera pas, on prendra les mêmes et on recommencera. Par ailleurs, tant qu’ils n’auront pas compris que le travail libère, et se feront indument payer des heures supplémentaires, allez chercher Mohamed ou si vous voulez Jésus et le Bénin continuera à végéter dans la pauvreté.
La mer est là. Les sols fertiles existent. Seules, pour prétendre au développement, manquent la mentalité, la vision et l’envie de nous battre les uns pour les autres. Talon et Houngbédji ne se sont pas trompés. Il faut, dans les règles de l’art, repenser la gestion du Bénin et du Béninois. Je n’ose pas croire qu’à la poursuite d’un objectif noble, la démocratie en vienne à devenir un handicap. Et enfin, j’espère que la réforme intellectuelle ne sera pas un vœu pieux et ne connaîtra pas le même sort que les chantiers du changement et de la refondation. Talon est averti. Il s’attaque à une montagne. S’il réussit, on l’applaudira !



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