En vérité : La Pendjari aux Béninois

Moïse DOSSOUMOU 3 octobre 2019

Ça redémarre. Les portes du Parc national de la Pendjari s’ouvrent à nouveau pour le plus grand bonheur des touristes. Les amoureux de la nature, notamment de la faune et de la flore, disposeront encore de l’opportunité de parcourir de vastes étendues de terre à la quête des animaux sauvages pour étancher leur soif de découvertes. Comme c’est le cas chaque année, la saison touristique est une occasion rêvée par le grand public pour toucher du doigt les réalités du monde animal à l’état purement naturel. Le parc national de la Pendjari compte parmi les plus grands et les mieux protégés de la sous-région. De plus en plus, il est noté un intérêt croissant des touristes pour cette réserve animalière dont la notoriété a dépassé depuis des lustres les frontières nationales. La satisfaction des touristes après leur passage sur le site a généré un flux de visiteurs par le traditionnel canal de marketing, le bouche-à-oreille.
Le top de la saison touristique 2019-2020, c’est le 15 octobre prochain. Plus grand écosystème intact restant en Afrique de l’Ouest, dernier refuge de la plus grande population d’éléphants et de lions de la sous-région, le parc national de la Pendjari fait sa toilette. Les services compétents du ministère du tourisme, des arts et de la culture mettent les petits plats dans les grands pour offrir des moments fabuleux aux visiteurs. Ces derniers, pour ceux qui viennent d’ailleurs, ont déjà exprimé leur accord et pris les dispositions pour s’en mettre plein la vue une fois au Bénin. Le reste n’est qu’une question de calendrier. Pendant que les citoyens d’autres pays font de cette aire protégée une destination de choix pour leurs moments de détente et d’évasion, les nationaux se font désirer. Certes, il est évident que s’offrir des vacances n’est pas encore rentré dans nos mœurs.
Néanmoins, un minimum de curiosité pour les attraits offerts par son pays ne fait pas de mal. Indifférents à la limite au spectacle magnifique offert par les animaux et aux sensations d’ivresse ressenties à leur vue, les Béninois consacrent l’essentiel de leurs congés et/ou vacances à d’autres activités. Pendant ce temps, sous leur nez se trouvent des merveilles. Il suffit de se laisser tenter et le tour est joué. Peut-être que les nationaux ont besoin d’être un tout petit peu motivés pour emprunter le chemin menant vers les chaînes de l’Atacora. Les fonctionnaires, les travailleurs du secteur privé, les opérateurs économiques sont tous liés par le même constat. Puisque le gouvernement est dans la dynamique de la promotion du tourisme, quoi de plus simple que de proposer des tarifs préférentiels aux Béninois. Compte tenu de la modicité des moyens, le budget d’une telle entreprise (transport, hébergement, restauration et tarifs des visites) décourage le peu qui s’y intéresse.
Le gouvernement ferait certainement des milliers d’heureux si les conditions d’accès et de séjour dans le parc et ses environs étaient allégées. Mieux, au sein même des administrations et services, qu’ils soient publics ou privés, des offres de safari alléchantes ne manqueront pas de séduire les travailleurs. Ces derniers, préoccupés par le stress et les soucis du quotidien n’ont plus la tête au divertissement. Autant le travail est fondamental pour la nature humaine, autant les distractions participent de l’épanouissement des hommes. Plus les Béninois participeront aux safaris organisés pour les budgets modestes, plus ils créeront de la valeur ajoutée à leur pays. Et tout ceci fera le bonheur du Bénin qui pourra prétendre à un meilleur développement parce que créant plus de richesses. Vivement que la saison qui s’annonce enregistre beaucoup de nationaux au compteur. Ainsi, la vapeur sera renversée. Car, jusqu’à preuve du contraire, les Béninois ne connaissent la Pendjari que de nom.





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