En vérité : La recrue Fagbohoun

Moïse DOSSOUMOU 26 février 2020

Il s’est enfin décidé à franchir le pas. Le leader naturel de l’ex Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) qui s’est dissout au profit de l’Union progressiste a pris un autre chemin. La rumeur qui annonçait la nouvelle depuis plusieurs mois a été finalement confirmée. Contrairement à ses anciens sociétaires, Séfou Fagbohoun, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a préféré prendre fait et cause pour le Bloc républicain. Depuis le samedi dernier, c’est effectif. Après sa visite de courtoisie au chef de l’Etat, quelques jours auparavant, les choses sont allées vite. Resté à la touche depuis la concrétisation de la réforme du système partisan, Séfou Fagbohoun consent maintenant à descendre dans l’arène. A partir de cet instant, la donne politique change radicalement dans les 21ème et 22ème circonscriptions électorales. L’imminence des élections municipales et communales rend le jeu encore plus attrayant et plus vif.
Au cours des prochaines semaines, le Bloc républicain qui nourrissait déjà de grandes prétentions dans ces localités, sortira davantage avec des muscles. De quoi donner le tournis aux leaders des autres partis qui s’investiront aussi sur le terrain afin de ne pas faire piètre figure au terme de ces consultations électorales. L’Union progressiste, le Parti du renouveau démocratique, le parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), le Mouvement des élites engagées pour le développement du Bénin (Moele-Bénin), l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), pour ne citer que ces formations politiques, auront fort à faire pour tirer leur épingle du jeu. Le simple fait de voir Séfou Fagbohoun sillonner les hameaux pour battre campagne suffit à faire plier les inconditionnels et les indécis. Cette recrue est un grand coup que vient de frapper le Bloc républicain qui a accompli avant le lancement officiel de la campagne électorale la moitié du chemin.
Jean-Michel Abimbola très actif dans la 22ème circonscription électorale dispose maintenant d’un soutien de taille qui lui facilitera la tâche. Le fidèle des fidèles, Koussonda Adjibadé Moukaram, qui n’attendait que son mentor pour se jeter à l’eau, apportera son grain de sel à la sauce. Au-delà de l’annonce, c’est un bouleversement qui intervient dans les localités d’Adja-Ouèrè, d’Ifangni, de Sakété, de Kétou et de Pobè. Depuis un peu plus de deux décennies, Séfou Fagbohoun a régné presque sans partage sur cette aire géographique, réduisant du coup la zone d’influence du Parti du renouveau démocratique dans l’Ouémé. Malgré les années, il a réussi à garder intact son charisme qui produit son effet toutes les fois qu’il consent à faire des apparitions publiques. Certes, il ne tient pas le gouvernail du parti du cheval cabré comme ce fut le cas au Madep. Mais dans sa zone d’influence, il garde sa posture de rassembleur.
Avec la réforme du système partisan, les animateurs de la vie politique nationale, sont appelés, par la force des choses, à adopter des comportements nouveaux. Mieux que par le passé, ils doivent mouiller le maillot afin d’engranger le maximum de voix dans les urnes. Sans quoi, avec le critère des 10%, des efforts conséquents pourraient être vains. C’est la raison pour laquelle les partis politiques s’illustrent sur le terrain de la séduction. Par le passé, Séfou Fagbohoun était en communion avec Antoine Kolawolé Idji, Louis Vlavonou et Jean-Pierre Babatoundé. Ils ont d’ailleurs fait tous ensemble avec beaucoup d’autres les beaux jours du Madep. A présent, Fagbohoun emprunte un chemin différent de celui de ses anciens compagnons. Dans la vie comme en politique, compte tenu des intérêts et des circonstances, des partenaires de longue date peuvent être amenés à se séparer. Au fond, on est toujours seul face à son destin.





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