En vérité : La renaissance des musées

Moïse DOSSOUMOU 9 juillet 2020

Ailleurs, on leur accorde un grand intérêt. Entretenus et vénérés, ils résistent aux siècles en gardant leur splendeur d’antan. Mais ici, c’est tout le contraire. Abandonnés, ils ne sont que vestiges et ruines. Les musées, attraits et sites touristiques dont regorge le Bénin sont la triste expression du mépris dont ils sont l’objet. Pendant des décennies, notre histoire n’a jamais été considérée comme une source de richesse à valoriser et à consolider. Hormis la lumineuse parenthèse de Ouidah 92 qui a révélé au monde entier le potentiel culturel, cultuel et touristique d’une partie du Bénin, ce secteur est demeuré le parent pauvre des investissements publics. Alors que d’autres gouvernements font de leur mieux pour se vendre sur la scène internationale grâce à leurs atouts culturels, le Bénin a souvent ignoré de révéler ses trésors cachés. Mais les amoureux de la chose ont tenu bon. Leurs plaidoyers, multiples et insistants, ont fini par être entendus.
De plus en plus, il est noté un engouement de l’Exécutif pour ce secteur longtemps resté à la traîne. Les projets gouvernementaux, même s’ils ne sont pas encore concrétisés, sont en voie de l’être. C’est déjà mieux que des promesses. Pour une fois, un catalogue d’initiatives visant à restaurer le riche patrimoine historique a été conçu. Les acteurs institutionnels chargés de sa mise en œuvre sont à pied d’œuvre. Jean-Michel Abimbola, ministre du tourisme, de la culture et des arts, prend son rôle très au sérieux. Très vite, il a saisi le taureau par les cornes. Petit à petit, les réalisations commencent par sortir de terre. Il était temps que le Bénin se réconcilie avec une partie de son passé. Nos ancêtres qui nous ont légué ce bel héritage très envié sous d’autres cieux ne nous pardonneront pas de le saborder sans gêne.
Le Fort portugais de Ouidah qui abrite le musée d’histoire de la ville fait sa toilette. Quand les travaux seront achevés, l’édifice défraîchi qui accueillait les visiteurs va céder la place à une bâtisse moderne avec toutes les commodités requises. D’autres projets de grande envergure sont également prévus pour la ville afin de lui redonner sa splendeur d’antan. Ainsi, progressivement, la cité des Kpassè pourra assumer sa vocation touristique. Abomey, l’autre ville chargée d’histoire a également reçu sa part d’attention. En attendant sa réhabilitation intégrale, les travaux liés au plan d’urgence du musée sont en cours. Pour le reste, les études achevées et validées annoncent l’imminence des grands chantiers. Les images du palais royal dégradé et vidé des objets témoins de l’épopée des rois ne seront plus que de vieux souvenirs. Vivement que la dynamique en cours soit maintenue afin que la riche histoire de cet ancien royaume dont la notoriété a dépassé les frontières nationales soit restaurée.
Kétou, la ville mystère bénéficie également d’actions urgentes visant à freiner la dégradation de son patrimoine historique. Le site qui abrite Akaba Idenan, symbole de l’histoire vivante de la cité des Oduduwa est en plein aménagement. En cours d’érection, les ouvrages d’assainissement permettront de stopper la détérioration avancée des lieux. « La tradition orale enseigne que Akaba Idenan fait de deux portes magiques est l’entrée unique donnant accès au royaume de Kétou. Elle est la seule et dernière porte intégrée à un ouvrage de fortification dans l’aire culturelle Yoruba et revêt de ce fait, un double caractère historique et militaire. Une fortification de la ville intervenue dans le but de résister aux invasions des guerriers fons. Les deux portes magiques mâle et femelle, entourées de mystères et vénérées par les peuples autochtones, ont été installées depuis des siècles pour sécuriser la seule entrée du royaume de Kétou ». Il va donc de soi que ce patrimoine unique soit préservé de la ruine.





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